17.07.2008

Un Conseil National de la Résistance à Sarkozy ?

La nature de la politique de Sarkozy avait été dévoilée par un idéologue du MEDEF : défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance.

Revoir à ce propos : http://rupturetranquille.over-blog.com/article-7195117.html

C'est, opportunément, le 14 juillet que j'ai reçu ce message :

"Nous sommes toutes et tous le Conseil National de la Résistance.

On ne peut pas attendre que l'inspiration vienne. Il faut courir après avec une massue. (Jack London)

Que faire, aujourd'hui, pour donner un coup d'arrêt à la liquidation, par Sarkozy et le Medef, de notre République et de son modèle social hérité du CNR?

Ce coup d'arrêt ne peut être donné que par une très large mobilisation populaire dans tout le pays et au même moment...
La capacité de révolte de notre peuple est intacte, comme le montrent, partout en France les foyers de résistance qui se développent sous des formes différentes (collectifs, associations, fondations...).
Les conflits sociaux se multiplient. Mais ne convergent pas...
L'alternative politique au capitalisme sauvage se dessine peu à peu. Mais pas assez vite...

Le mouvement social manque de cohésion et de puissance, faute d'une perspective politique réelle.
Il est morcelé et les états-majors syndicaux, ont choisi d'engager, entre eux, une course à la représentativité qui les éloigne de leur base et les fragilise.

La perspective politique, elle, tarde à prendre forme car la réflexion est menée sans l?adhésion des masses populaires.
Les divisions intestines, le culte de l'individualité et des appareils ont détourné trop de citoyens du terrain politique.
Convergence des luttes ET irruption citoyenne du peuple dans le champ politique doivent être obtenues. Maintenant?
Or situation dans laquelle se trouve notre pays nous offre cette possibilité dans les semaines à venir!
L'initiative d'une Grève Générale Reconductible, le 10 novembre 2008 doit être relayée dans tout le pays pendant les congés d'été.
La rentrée de septembre sera l'occasion de la décider partout et deux mois de travail permettront encore d'en assurer le succès.

Sa réussite repose, sur l'engagement, immédiat des forces de chacune et chacun d'entre nous.

Elle donnera une cohésion au mouvement social en donnant l'impulsion indispensable à la mise en place d'un cadre commun de discussions pour coordonner les luttes, organiser la résistance et reprendre les conquêtes.
L'intervention populaire pourra aussi imposer un cadre de réflexion unitaire et attractif qui pourra facilement être élargi aux citoyens, pour la création d'une vraie alternative aux politiques actuelles.
Elle pèsera sur les rassemblements des organisations politiques de fin d'année et aura comme prolongement la nouvelle séquence électorale qui s'ouvre avec les élections de 2009, 2010 et 2012.

Ce camouflet sera enfin un signal très fort en direction des autres pays de l'Union Européenne que Sarkozy préside jusqu'en décembre...


Diffusez cet appel par tous les moyens possibles et imaginables :

Soyons le Conseil National de la Résistance
Résister, c'est créer. Créer, c'est Résister.

www.conseilnationaldelaresistance.fr "


"Le choix est aujourd'hui plus que jamais pour chaque profession de perdre séparément en plongeant pour longtemps dans l’enfer de l'exploitation sans limite, ou de construire démocratiquement et d’urgence une action « tous ensemble et en même temps » pour gagner et ré-ouvrir enfin des perspectives progressistes".

Tous ensemble et en même temps : la question du 10 novembre est donc posée.

http://tous-ensemble.dyndns.org:80/

16.07.2008

Bernard Tapie Carignon Berlusconi Sarkozy : même combat !

Lu sur http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=18933, une analyse très intéressante de Nicolas Cadène


Une campagne médiatique aux ordres de Nicolas Sarkozy ?

Après les propos de Ségolène Royal dénonçant les "conglomérats de la finance et des médias" qui, pour la candidate socialiste, soutiennent Nicolas Sarkozy, analysons de plus près la relation entre le candidat UMP et ces conglomérats.


La campagne présidentielle 2007 en France a commencé très tôt. Dès la fin de l’été 2006, l’attention était portée sur l’éventuel(le) candidat(e) du Parti socialiste, force politique de premier ordre. Dès la désignation de Ségolène Royal à l’automne 2006, la population connaissait le nom des autres principaux candidats bien que pas toujours déclarés officiellement : Nicolas Sarkozy pour l’UMP, François Bayrou pour l’UDF, Jean-Marie Le Pen pour le FN.
Michel Rocard a sans doute raison de considérer comme perdue une campagne commencée trop tôt. Elle l’est en termes qualitatifs (pour le moment). Et si nous ne connaissons rien du résultat de mai prochain, nous pouvons craindre les pires éventualités. Par ailleurs, les instituts de sondages qui annoncent des 28 à 35 % des voix au premier tour à l’avantage des deux principaux protagonistes sont à prendre avec prudence.
Les médias ne semblent pas respecter cette circonspection et sont largement demandeurs de ces « prévisions » alors que l’élection est encore très éloignée.

Il faut dire que, depuis quelques semaines, ces sondages sont plutôt favorables au candidat de la droite sortante. Leur publication va dans son sens et il ne cache pas son intérêt pour ces statistiques très relatives. Dernièrement, le ministre de l’Intérieur, président de l’UMP et candidat, a donc commenté avec enthousiasme un sondage qui ne devait paraître que plusieurs jours plus tard.
Cela est facile lorsqu’on a accès aux résultats avant tout le monde, grâce à quelques amitiés journalistiques, mais également grâce à quelques relations de proximité entretenues avec... les dirigeants de ces instituts de sondage. Ce qui en dit long sur leur crédibilité.

Pourtant, la presse, mais aussi la télévision, la radio et leurs relais sur Internet ne se lassent pas de diffuser ces chiffres (parfois sur le second tour : ce qui a encore moins de sens), sans aucun avertissement quant à leur pertinence éventuelle. Cette diffusion peut toutefois se voir bloquée, dès lors que les résultats ne sont pas satisfaisants pour le candidat UMP. Le directeur de la rédaction de La Tribune a ainsi fait empêcher la publication d’un sondage qui avait le tort de placer la candidate socialiste en tête pour « résoudre les problèmes économiques et sociaux de la France ».

Mais la complaisance des médias (en tout cas de la part de leurs dirigeants, les journalistes tendant au contraire à s’opposer de plus en plus à ce genre de bienveillance) vis-à-vis du chef des renseignements généraux, de la DST et des polices de ce pays, ne se limite pas à ce genre de diffusion.

Comme M. Silvio Berlusconi, Nicolas Sarkozy est bien déterminé à contrôler l’opinion grâce à un mélange de marketing politique, d’intérêts croisés avec la presse et l’édition, et de mainmise directe ou indirecte sur le paysage audiovisuel. Pour autant, cela n’a pas suffi au « Cavaliere » de prolonger son mandat en avril 2006, et sa défaite a porté un coup au système clanique italien. Rappelons aussi qu’un an plus tôt, en France, le référendum sur le traité constitutionnel européen établissait qu’il ne suffisait pas de disposer de la quasi-totalité de l’espace médiatique pour convaincre une majorité de citoyens.

L’élection présidentielle 2007 va donc permettre d’apprécier si ce laborieux travail de domestication des médias de la part du candidat UMP ne finit pas, malgré tout, par se révéler payant.
Comme le rappelle Marie Bénilde du Monde diplomatique : « N’est-ce pas ainsi que certains ont interprété la réélection à la tête de l’Etat de M. Jacques Chirac en 2002, sur fond de campagne de presse matraquant le thème de l’insécurité ? » M. Sarkozy dispose d’un atout spécial. Jamais dirigeant politique français n’a bénéficié autant que lui de l’appui des patrons de presse.

Aujourd’hui, on le constate, toute phrase de Ségolène Royal, même sans importance, est transformée en prétendue « bourde » et relayée par l’ensemble des médias. Du côté du ministre-candidat, peu importe qu’il se trompe ou qu’il se contredise, dès lors que nul ou presque dans la presse ne le souligne (ce qui est le cas). Si on ne pardonne pas à Mme Royal d’avoir des sympathies pour la souveraineté du Québec, personne n’ose interroger le candidat se disant parfois « gaulliste » (sic) sur son atlantisme... N’a t il pas trahi son propre gouvernement à l’étranger sans que personne ne s’en émeuve ? Même traitement différencié sur le patrimoine. Alors que tous les médias relaient un e-mail anonyme accusant sans fondement le couple Royal-Hollance de fraude fiscale, on peut s’étonner de la facilité avec laquelle la presse à accepter l’idée selon laquelle cet homme fortuné ne paie l’ISF que depuis un an.... Comme le souligne un journal... suisse (Le Courrier), "qu’il ait refusé d’exhiber sa déclaration d’impôt -contrairement à Mme Royal- n’a pas empêché la presse de croire en ses saintes paroles."

Il y a pire. Aux Etats-Unis, lorsqu’un responsable gouvernemental avait été accusé d’espionner ses rivaux, cela avait donné le Watergate et la démission du président Nixon. En France, aujourd’hui, avec l’espionnage de Mme Royal, de son entourage, et le suivi de bien d’autres citoyens par les RG dirigés par le ministère de l’Intérieur, "cela vaut trois entrefilets, vite enterrés sous des tombereaux d’ordures", note le même journal. Loin de démissionner, M. Sarkozy compte rester aux commandes jusqu’au 9 avril 2007, soit seulement deux semaines avant le scrutin (notons par ailleurs qu’il n’y a pas lieu de comparer à Lionel Jospin, qui était en cohabitation avec le président Jacques Chirac, son adversaire).

D’ici là, Nicolas Sarkozy compte bien tout organiser et imposer son image. On pense d’ailleurs à un vrai culte de la personnalité, tant il apprécie et encourage la publication de ses photos.
Mais les dix couvertures que Le Point lui a consacrées en vingt mois (contre quatre à Ségolène Royal), ou ce Nicolas Sarkozy en majesté à la une de Paris Match - « Un destin en marche » - ne lui suffisent pas.

Alors France 2 a fait un effort pour le satisfaire, avec, comme l’a appelé Le Nouvel Observateur, un « Sarkothon » (« A vous de juger », pour le vrai titre) de près de trois heures. Programmé juste avant que les règles du CSA n’empêchent de donner autant de temps à un seul candidat. Déjà, après les émeutes en banlieue de 2005, Sarkozy avait eu droit à une émission spéciale mettant en scène des contradicteurs qui ne risquaient pas de le mettre en difficulté.

Egalement, M. Sarkozy apprécie le « tape-à-l’œil » et veut faire croire qu’il agit sur le terrain. C’est pourquoi, par exemple, on a pu voir, en ouverture de tous les journaux télévisés de fin septembre 2006, un montage vidéo montrant 220 policiers faire une descente dans la cité des Tarterêts pour arrêter douze personnes (plus de dix-huit agents pour un individu) suspectées d’avoir tabassé deux CRS.

Trois jours plus tard, le « guet-apens » invoqué au début est récusé par les enquêteurs et sept des douze personnes arrêtées sont disculpées. Jean-Pierre Pernaut, sur TF1, l’expédiera en huit secondes exactement et Patrick Poivre d’Arvor attendra sept jours -à l’occasion d’une autre descente- pour l’évoquer.

L’intérêt de cumuler les mandats est ici intéressant : quand ce n’est pas le ministre d’Etat ou le ministre de l’Intérieur et de l’Aménagement du territoire qui fait l’actualité, c’est le président de l’UMP ou le candidat à la présidentielle. Plus localement, ce peut être le président du Conseil général des Hauts-de-Seine.

Le soutien massif des médias, Nicolas Sarkozy le travaille. Il a le tutoiement facile avec les journalistes, leur fait parfois la bise, leur donne de l’importance, répond à leurs appels avec l’aide de trois communicants (dont Franck Louvrier) qui peuvent parler en son nom, refuse rarement un entretien, leur sert des confidences, des petites phrases choc du genre « tel ministre est un con » et va même jusqu’à offrir des cadeaux, comme des lecteurs MP3. Nul doute que le président de l’UMP cherche à créer une connivence avec ses interlocuteurs et ne fait pas de discrimination. Chacun a droit aux honneurs de la communication « sarkozienne », qu’il soit éditorialiste ou simple rédacteur, de droite ou de gauche. Vanessa Schneider, de Libération, confiait ainsi : « Il parle autant au débutant qu’au rédacteur en chef. Et il embarque toujours des journalistes lors de ses déplacements, déjeune avec un certain nombre de patrons de presse... Ça doit lui prendre énormément de place dans son emploi du temps. »

Depuis une vingtaine d’années, l’homme s’est employé à construire un étonnant réseau d’influence dans les médias, au service de ses ambitions. Dans son épais carnet d’adresses d’amis influents dans la presse et l’audiovisuel, on remarque d’abord les familiers, comme Martin Bouygues, patron de TF1 (et LCI) et parrain de son fils, ou M. Bernard Arnault (La Tribune, Investir, Radio Classique), dont la fille Delphine se maria en présence de M. Sarkozy. Habitant Neuilly, MM. Bouygues et Arnault furent tous deux témoins aux mariages du maire de la ville.

En tant qu’avocat, ses relations professionnelles ont affermi des amitiés. Ainsi, M. Lagardère doit à M. Sarkozy le règlement, en 2004, du conflit d’héritage qui l’opposait à sa belle-mère Betty, lorsque l’homme politique et ancien avocat d’affaires avait, en tant que ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, la haute main sur l’administration fiscale. « On signe ton truc fiscal et on passe à autre chose », aurait dit le ministre, sitôt nommé à Bercy. Décédé en 2003, Jean-Luc Lagardère avait lui aussi eu l’occasion d’apprécier, lors de la faillite de La Cinq en 1992, les conseils de l’associé du cabinet Claude-Sarkozy. Depuis, il est arrivé que le candidat UMP soit présenté par Arnaud Lagardère, patron de médias (Europe 1, Europe 2, RFM, Europe 2 TV, etc.) et du principal groupe de presse (Paris Match, Le Journal du dimanche, plusieurs quotidiens régionaux) et d’édition français, « non pas comme un ami, mais comme un frère » (avril 2005, séminaire du groupe Lagardère à Deauville). Ce soutien fut réaffirmé lors d’un meeting de M. Sarkozy (animé par le journaliste Michel Field). Stéphane Courbit, président d’Endemol France, producteur des émissions de Marc-Olivier Fogiel et de Karl Zéro, assistait également à cette réunion électorale.

De son côté, M. Serge Dassault (Le Figaro, Valeurs actuelles, L’Express) se souvient que l’actuel ministre de l’Intérieur a « démêlé » la succession de son père Marcel. Et il n’ignore pas que M. Sarkozy est devenu un familier de son fils aîné Olivier, par ailleurs député UMP. Comme le souligne Marie Bénilde : « Il arrive que les rôles s’entrecroisent : proches de la famille, MM. Bouygues et Arnault comptèrent aussi au nombre des clients du cabinet d’avocats. Et puis, il y a les compagnons de route... cyclable. » MM. Bouygues et Arnault sont à nouveau du nombre, tout comme M. Jean-Claude Decaux, leader mondial de l’affichage urbain, et M. François Pinault, propriétaire du Point. Sans oublier Michel Drucker, animateur populaire de France 2.

Sa qualité de maire de Neuilly a aidé M. Sarkozy à la construction d’un tel réseau, qu’il entretenait pour favoriser son ascension politique. Sa ville, une des plus riches de France, compte près de deux mille cinq cents entreprises, et ainsi de nombreux patrons qui s’intéressaient à lui en voisins ou en simples administrés, à titre personnel ou professionnel. En 1985, Nicolas Sarkozy créa le club Neuilly Communication, lequel compte parmi ses membres Gérald de Roquemaurel, président-directeur général d’ Hachette Filipacchi Médias, Nicolas de Tavernost, président de M6, ou encore Arnaud de Puyfontaine, patron de Mondadori France (ex-Emap France, troisième éditeur de magazines).

L’actuel candidat UMP veille également à s’entourer de publicitaires, comme MM. Thierry Saussez, président d’Image et stratégie, Philippe Gaumont (FCB), puis Jean-Michel Goudard (le « G » d’Euro RSCG). Il fréquente enfin les grands annonceurs Philippe Charriez (Procter & Gamble) et Lindsay Owen-Jones (L’Oréal).

En juillet 1994, l’actuel président de l’UMP devint simultanément ministre de la Communication et ministre du Budget du gouvernement de M. Edouard Balladur, ce qui lui permit d’être à la fois le décideur politique et le pourvoyeur de fonds publics des grands groupes de médias.

Egalement, sa position de porte-parole du gouvernement, puis du candidat Balladur, entre 1993 et 1995, l’amena à rencontrer les hommes d’influence que sont Alain Minc et Jean-Marie Colombani (aujourd’hui dirigeants du Monde). A cette époque son « cercle » s’agrandit avec l’arrivée du sondeur Jérôme Jaffré, alors directeur général de la Sofres.

Nicolas Sarkozy connaissait déjà les « coups bas » et ceux de la campagne 2007 s’inspirent de ceux de la campagne 1995 contre Jacques Chirac alors qu’il soutenait Edouard Balladur. Ainsi, le 22 mars 1995, Le Monde titre en une : « M. et Mme Chirac ont tiré profit d’une vente de terrains au Port de Paris ». L’information émane de la direction du Budget chapeautée par M. Sarkozy.

Déjà, Nicolas Sarkozy s’appuie sur TF1. Une de ses présentatrices, Claire Chazal, signe une biographie particulièrement élogieuse de M. Balladur tandis que M. Bouygues ouvre les portes de sa chaîne à celui qui passe déjà pour un vice-premier ministre. « Pour Martin [Bouygues], explique un observateur, Sarkozy est une espèce de maître à penser. Pour Sarkozy, Martin est une force. Leur duo est une association, une PME. Ce qui explique en partie pourquoi, pendant la campagne de 1995, TF1 est devenue "télé Balladur". Bouygues ne rendait pas service à Balladur, mais à l’un des lieutenants. » Mais malgré ce soutien, ce fut un échec et Jacques Chirac remporta l’élection présidentielle face à Lionel Jospin.

Il découle de cette stratégie un temps de parole exceptionnel : par exemple, le matin sur Europe 1, Jean-Pierre Elkabbach lui octroie couramment vingt minutes supplémentaires d’entretien (ce fut encore le cas mercredi 31 janvier 2007) ; LCI, filiale de TF1, retransmet en direct ses vœux à la presse ; il fait la couverture de TV Magazine (du jamais vu concernant un politique), ce supplément du Figaro diffusé auprès de cinq millions de lecteurs potentiels. « C’est le nouveau présentateur du JT de 20 heures », ironisait, il y a quelque temps, François Hollande, en guise de décompte des apparitions du ministre dans les journaux télévisés. Aucun homme politique n’a été, comme lui, trois fois l’invité de l’émission « 100 minutes pour convaincre » de France 2. Quant à sa relation avec son épouse, Cécilia, elle fait le bonheur de la presse « people » chaque fois qu’elle sert les intérêts du présidentiable, mais provoque l’autocensure, voire la censure, sitôt qu’elle cesse d’être à son avantage. Ainsi, lorsqu’une journaliste de Gala, Valérie Domain, décida en 2005 d’écrire un livre qui n’agréait pas M. Sarkozy, Entre le cœur et la raison, l’éditeur -M. Vincent Barbare- fut convoqué Place Beauvau. Après la publication de photos « compromettantes » de Cécilia Sarkozy, Alain Genestar de Paris Match fut remercié.

Nicolas Sarkozy n’a pas affaire à des ingrats. « Quoi qu’il fasse, on envoie qui il faut », dit un journaliste d’Europe 1. « On surcouvre sous de faux prétextes », répond en écho France 2, « on envoie des caméras sans discernement, dans l’espoir d’une petite phrase ».

Nicolas Sarkozy a de délicates attentions. Depuis un an, la société audiovisuelle ETC (Etudes, techniques et communication) « produit et diffuse les images des meetings du futur candidat ». La société de production dispose de l’exclusivité « du filmage des images de l’entrée en scène » de Nicolas Sarkozy. Elle offre également un point de vue privilégié sur le président de l’UMP et sur le public. Les cameramen qui souhaitent fournir des images à leur chaîne se retrouvent en difficulté pour exercer leur travail puisqu’ils « sont relégués sur des praticables, de chaque côté de la scène où se tient le candidat ». Ces images -gratuites- sont maintenant utilisées abondamment par les chaînes de télévision. Le journal Le Monde s’était alors interrogé sur l’indépendance de l’information en raison de cette mise à disposition d’images « made in UMP ». Selon Arnaud Boutet, président de la Société des journalistes de France 2, « la frontière entre propagande, publicité et journalisme peut être assez fine ». C’est un euphémisme.

Désormais, gare à ceux qui pourraient être tentés de faire dissidence. « Je sais tout ce qui se passe dans vos rédactions », lançait-il déjà un jour de janvier 1995 à des reporters lors d’un déplacement dans le Nord.

Il lui arrive ainsi de prendre publiquement les gens à partie. Lorsque, devant un parterre d’HEC, le directeur de la rédaction de Challenges, Vincent Beaufils, l’interroge, il l’accuse sur un numéro paru neuf mois plus tôt : « Challenges, vous avez dit ? C’est ce journal qui a fait cette célèbre couverture : "Pourquoi Sarko fait-il peur ?" Eh bien, vous ne manquez pas de courage de m’affronter comme cela ! ».

Nicolas Sarkozy peut être franchement violent. Il menace, intimide... en riant, bien sûr. Recevant la rédaction du Parisien, il interpelle ainsi l’auteur d’articles sur ses déboires conjugaux (alors qu’il avait lui-même « étalé » sa vie conjugale) : « Moi aussi, je sais des choses sur votre vie privée », et insiste : « Moi aussi, je pourrais en dire, des trucs... » A d’autres occasions, le candidat a pointé publiquement un index vengeur sur Hervé Algalarrondo du Nouvel Observateur en s’exclamant : « Je ne l’oublierai pas ! Je ne l’oublierai pas ! », à propos du numéro titré « Sarko secret », qui lui avait déplu.

Est-ce que ce sont les patrons des médias et des sondages qui, en 2007, imposeront en France le nouveau président de la République ? D’ailleurs, continueront-ils à soutenir aussi ouvertement (tout en le niant officiellement) ce candidat qui paraît tout de même bien instable, de plus en plus autoritaire, et alors que de plus en plus de journalistes s’opposent ouvertement à ces ententes ? L’expérience de cette campagne nous montre en tout cas que la proximité et la connivence entre politiques et médias est le symptôme d’une démocratie malade.




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Extrait d'un forum du Figaro (mes amitiés au passage aux lecteurs de Grenoble)

le 23/12/2006 11:36:11, RACHIC a écrit:

Alain Carignon était l’un des grands espoirs de la droite française avant sa condamnation en 1996 à trois ans de prison ferme pour corruption et abus de biens sociaux.

Depuis 1986, Nicolas Sarkozy est un ami intime d’Alain Carignon.

Lors de son procès, ce dernier choisit d’ailleurs comme avocat l’associé de Nicolas Sarkozy, Guy Danet. Après sa traversée du désert consécutive à 29 mois de prison, c’est encore Nicolas Sarkozy qui va lui remettre le pied à l’étrier dans son ancien fief en l’aidant à redevenir le président de la fédération UMP de l’Isère.

En septembre 2005, c’est un proche d’Alain Carignon, Fabien de Sans Nicolas, que Nicolas Sarkozy choisit pour remettre de l’ordre dans l’organisation de jeunesse de l’UMP, les Jeunes Populaires, acquise jusqu’à lors à Alain Juppé.

Dernier épisode en date : Nicolas Sarkozy a, le 22 octobre 2005, adoubé son ami de toujours comme candidat “légitime” de l’UMP dans l’Isère pour 2007. Alain Carignon ne s’est pas privé de mettre en avant ce soutien et a aussitôt fait savoir qu’il déposera sa candidature pour cette élection.

Arrêt définitif de la cour d'appel de Lyon, chambre correctionnelle.
09 juillet 1996 :
Le maire de Grenoble Carignon « n'a pas hésité à trahir la confiance que ses électeurs lui manifestaient, en monnayant le pouvoir qu'il tenait du suffrage universel, afin de bénéficier d'avantages matériels qui se sont élevés à 19 073 150 francs (2 907 683 euros) et de satisfaire ses ambitions personnelles ; il a ainsi commis l'acte le plus grave qui puisse être reproché à un élu. »



Décidément, ca pauvre Sarkozy s'entoure bien mal. Redressement fiscal de Doc Gynéco, fuite à Varennes du Roi du rock...il lui en faudra beaucoup des discours républicains pour effacer tout çà !

Maintenant c'est Bernard Tapie, se disant effrayé par le soutien de Chevènement à Ségolène Royal, qui se jette dans les bras de Nicolas Sarkozy.
C'est la meilleure nouvelle pour la gauche et la République en ces fêtes de fin d'année !

Voir à ce sujet :

http://www.chevenement.fr/Bonne-fete,-Bernard-!_a140.html

Ce retour sur la campagne électorale vous est offert par : http://rupturetranquille.over-blog.com/

15.07.2008

Toi aussi, deviens sarkozyste

Lu sur : http://www.legrandsoir.info/

La science politique progresse tous les jours en France grâce à Sarkozy. Lui et sa bande s’attaquent à ce point à la République, aux fondements de notre société qu’ils suscitent des réflexions radicales, des mises en perspective originales, des questionnements dont l’urgence ne peut que stimuler les esprits lucides.
Collaboratrice du Monde Diplomatique, Mona Chollet vient de publier un ouvrage roboratif sur l’imaginaire sarkozyste (celui du président et de ceux qui le suivent), et la fascination « béate et complaisante » par laquelle répondent les médias et une grande partie de la classe politique à l’exercice de sa pratique et de son pouvoir présidentiels.

Une des raisons du succès de Sarkozy lors de la dernière élection présidentielle (on ne parlera pas ici de la faiblesse idéologique de son antagoniste) est qu’il est parvenu, relayé évidemment par un matraquage médiatique qui a pris, à persuader quantité de gens – en particulier de condition modeste – qu’ils étaient entourés de cossards et de parasites. En outre, et sans que ce soit jamais explicite, il s’est arc-bouté sur le slogan des années quatre-vingt de Margaret Thatcher selon lequel « la société n’existant pas », le salut ne peut être qu’individuel, dans l’acceptation des règles et de l’organisation socio-économique telle qu’elle est. La vie en groupe, en bande, en communauté selon Sarkozy s’inscrit dans un monde sans solidarité, un monde d’ambitions individuelles, l’univers pré-darwinien du « survival of the fittest ». D’où ce slogan de lutte des classes, de guerre civile ; « travailler plus pour gagner plus », c’est-à-dire, pour les salariés, de « produire toujours plus de richesses qui retombent de moins en moins dans leurs poches ». Mona Chollet rappelle que, selon les chiffres de l’OCDE, la part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises, après avoir augmenté de 1971 à 1983, de 57% à plus de 64%, n’a plus cessé de diminuer depuis. Les facteurs quantitatifs ne sauraient faire oublier les données qualitatives. D’après une étude du collectif Autres Chiffres du Chômage (ACDC) publiés le 29 mars 2007, 11,4 millions de salariés français occupaient en 2005 des « emplois inadéquats » (bas salaires, précarité, sous-emploi, pénibilité, dangerosité, déclassement professionnel selon les normes du BIT (http://acdc2007.free.fr/acdc4.pdf). Pour répondre aux exigences du capital financier, les entreprises flexibilisent les contrats pour pouvoir ajuster leurs effectifs en temps réel. Complices, les pouvoirs publics, de droite comme de gauche, se sont, depuis un quart de siècle, attaqués aux normes préexistantes de l’emploi. En 2008, trois embauches sur quatre se font en CDD, alors que la loi ne prévoit ce type de contrat que pour des motifs très précis. C’est pourquoi plus de quatre millions de salariés sont en situation de « travail insoutenable », c’est-à-dire dans des emplois qui ne permettent pas de préserver leur santé.

Pour faire rêver ces millions de travailleurs, les programmes de TF1 ne suffisent plus, même si Laurent Solly, directeur adjoint de la campagne de Sarkozy, pour qui « la réalité n’a aucune importance, il n’y a que la perception qui compte », fut nommé, quinze jours après l’élection présidentielle, directeur général adjoint de la grande chaîne privée. Pour alimenter le rêve, le nouveau président a propulsé, tel un metteur en scène, le spectacle de personnages qui, tels Rachida Dati, ont été capables de « forcer leur condition ». Mona Chollet écrit des pages presque aussi savoureuses que la caricature ( ?) qu’en font les Guignols sur cet ovni de la politique dont le parcours peut nous amener à nous demander « s’il ne faudrait pas encore ajouter des obstacles à l’intégration, plutôt que de chercher à les supprimer. » Qu’il y ait une Arabe au gouvernement ou, en la personne de Ramatoulaye Yade, une Noire issue de la bourgeoisie sénégalaise, cela occupe sans doute jusqu’à saturation l’espace médiatique mais, observe Chollet, permet de faire oublier que la présidentielle s’est largement gagnée à l’extrême droite, sans rien changer à la condition ordinaire des Noirs et des Arabes en France. Ce qui pose problème à propos de Rachida Dati, ce n’est pas son obstination à frapper à toutes les portes, son ambition étalée avec complaisance. Ses motivations, explique Chollet, « ne se sont jamais accompagnées de la moindre réflexion, du moindre recul critique sur le sens qu’elle voulait donner à son engagement dans le monde. » Dati dit refuser de « lire son parcours de façon ethnique », mais sa nomination a été accompagnée d’un message fallacieux de Sarkozy aux descendants d’immigrés qui ont subi les premières foudres du nouveau ministre de la Justice (abaissement de la majorité pénale à seize ans, peines plancher). Dati ne fut rien d’autre, selon l’expression de Claude Askolovitch, que son « propre projet ».

Vivant en contiguïté avec le personnel politique, les médias jouent ce jeu en réduisant la politique à un diaporama, à l’affrontement d’ambitions et de stratégies rivales qu’ils se complaisent à « décrypter et arbitrer, à des conflits de personnes, des incidents, des ragots. »

Cela permet de faire oublier aux travailleurs les agissements de ceux et celles qui cognent réellement. Mona Chollet s’intéresse tout particulièrement à Christine Lagarde, qui, c’est sûr, le mérite bien. Quand elle se pique d’idéologie, Lagarde affiche son souverain mépris pour ceux qui ne pensent pas comme elle, pour ceux qui souffrent : « La lutte des classes est bien sûr une idée essentielle … essentielle pour les manuels d’histoire. Il faudra certainement un jour en étudier les aspects positifs [comme si on avait attendu que s’en préoccupe cette avocate d’affaires "américaine" – présidente du grand cabinet Baker et McKenzie – ayant raté le diplôme de Sciences-Po et l’entrée à l’ENA], mais elle n’est aujourd’hui d’aucune utilité pour comprendre notre société. » On ne sait pas assez qu’en bonne adepte de la lutte des classes, l’ancienne championne de natation synchronisée, mit sur pied, lorsqu’elle travaillait chez Baker et McKenzie, un département parisien de droit social suite au vote, en 1982, des lois Auroux sur les libertés des travailleurs dans l’entreprise. Elle se spécialisa dans le bétonnage de plans sociaux de grands groupes (Hoover, Levi’s). L’obsession de Lagarde est que la France continue à s’aligner sur le modèle anglo-saxon, ce qui permettra, à l’effarement de l’économiste Camille Landais, de retrouver rapidement les écarts de revenus et de patrimoine de la France des rentiers du début du XXe siècle.

Mona Chollet s’appuie, à juste titre, sur un des ouvrages séminaux de 2007, Storytelling de Christian Salmon (La Découverte). Salmon explique que les grands récits de l’histoire humaine « racontaient des mythes universels et transmettaient les leçons des générations passées […]. Le storytelling parcourt le chemin en sens inverse : il plaque sur la réalité des récits artificiels, bloque les échanges, sature l’espace symbolique de séries et de stories. Il ne raconte pas l’expérience passée, il trace les conduites, oriente les flux d’émotions, synchronise leur circulation. Il met en place des engrenages narratifs, suivant lesquels les individus sont conduits à s’identifier à des modèles et à se conformer à de protocoles. » (http://www.dailymotion.com/video/x3...). Alors, l’histoire de France, revisitée par Sarkozy et sa plume pensante Guaino, est plus proche de Jean-Pierre Pernaud que de De Gaulle : la Lorraine est « une terre sainte », le Languedoc est « une bien vieille terre », l’Auvergne « un vieux pays volcanique ». L’appel à Guy Môcquet (voir ma note d’octobre 2007 http://blogbernardgensane.blogs.nou...) se fait en taisant que les fusillés de Chateaubriand sont morts en criant « Vive la France » ET « Vive le communisme », et que le leader des métallos CGT parisiens, Jean-Pierre Timbaud, est mort en criant « Vive le parti communiste allemand ». L’assassinat de Timbaud décidera Aragon à entrer dans la Résistance active : « Le nom de Timbaud, parmi ceux des otages de Châteaubriant, devait être », écrira le poète, « ma raison directe, ma raison individuelle d’accepter la tâche clandestine qui m’incombait alors. »

Alors, comme disait Vladimir Oulianov, que faire ?

Pour Mona Chollet, la réponse des socialistes à cette question est misérable et vouée à l’échec : « En dépit des gamelles électorales qui ont toujours sanctionné ses stratégies d’alignement sur le centre et la droite, ses représentants conjuguent, sans crainte du ridicule, les discours volontaristes sur la nécessaire reconstruction de la gauche et l’alignement systématique – par souci d’apparaître crédibles – sur les valeurs de la droite. » Valls, Moscovici, Strauss-Kahn et autres défendent cette posture avec acharnement. Bertrand Delanoë les a récemment rejoints dans son dernier ouvrage De l’audace (il en faut, en effet, quand on se dit de gauche, pour conforter le système capitaliste en place). Fasciné par l’entrepreneur comme figure centrale de la mythologie libérale, le maire de Paris se qualifie de « manager progressiste » doté de « l’esprit d’entreprise ». Nous sommes alors, soutient Mona Chollet, « dans un « totalitarisme soft » qui subordonne la valeur des êtres humains – réduits à des ressources humaines –, donc à des utilitaires, et leur droit à la vie à leur productivité, leur fonctionnalité, leur conformisme, leur docilité, leur adaptabilité. » Les néo-libéraux à la rose ont tort de croire dans le mythe du "self-made man". Il n’est pas innocent que ce concept soit étatsunien : le self-made man est né de l’imaginaire du capitalisme américain. Ce mythe occulte presque toujours, rappelle Chollet, une sous-estimation des moyens disponibles au départ. Ces moyens (matériels et culturels) peuvent être très inférieurs à la fortune finale. En tout état de cause, Bolloré, Seillières et autres ne viennent pas du caniveau. Les grands capitalistes français n’ont pas fait fortune grâce à l’économie de marché, mais grâce à l’État : subventions de toutes sortes, énormes prêts du temps ou les grandes banques étaient nationalisées, exploitation des failles du système, évasion fiscale etc. Chollet cite l’exemple, très parlant, du fondateur d’Ikea dans la Suède social-démocrate. Ingvar Kamprad eut la bonne idée, en pleine guerre froide, de confier la fabrication de ses meubles à un organisme d’État polonais, avec des coûts de main-d’œuvre quatre fois plus faibles qu’en Suède. Pour une bonne part, il doit sa fortune (la septième au monde, la première en Europe) à l’économie planifiée socialiste.

J’ai été frappé par l’attitude des ouvriers d’une usine de Vienne en Isère, ville assiégée lors de la venue de Sarkozy (un policier pour trente habitants, des tireurs d’élite sur les toits). Il n’y eut point d’échanges du style « enculé », « casse-toi, pauv’ con » mais, chez Sarkozy, la gêne, comme on dit en anglais, d’une cheville carrée dans un trou rond, d’un pantin pas du tout dans son élément qui s’agitait en tentant d’expliquer que tout n’était pas « foutu » et, chez les ouvriers, un regard noir adressé au représentant "bling-bling" d’une société de casinotiers (http://in.truveo.com/Sarkozy-Vienne...).

Rêves de droite : Défaire l’imaginaire sarkozyste
de Mona Chollet
Paris : Éditions La Découverte, 2008.
présentation du livre :
http://www.legrandsoir.info/spip.ph...

Le projet de Sarkozy : en finir avec le Conseil National de la Résistance

Des professeurs refusent de lire à leurs élèves la lettre d’adieu de Guy MÖQUET, jeune militant communiste fusillé durant l’occupation. Leurs motivations sont diverses : « le texte n’a pas d’intérêt historique, sorti de son contexte… », « ni le parcours ni la fonction d’un Nicolas Sarkozy ne l’autorise à bouleverser l’enseignement de l’histoire selon ses impulsions… » etc…


Certains jugeront ce front du refus dommageable : pourquoi bouder ce signe d'ouverture de Sarkozy, une des premières décisions "à haute valeur symbolique" prises aux lendemains de l'élection du 6 mai?


En fait, le meilleur signe d’ouverture serait de lire du Kessler. Lui explique parfaitement notre histoire présente au regard de ce passé-là.

Evidemment le style n'est pas émouvant mais il a le mérite d’ouvrir des perspectives : par exemple relire le programme du Conseil National de la Résistance.

Quand les membres du MEDEF (1) ne spéculent pas, n’accumulent pas des centaines de millions d’euros, ne corrompent pas des syndicalistes bureaucratisés pour "fluidifier les relations sociales" (dixit Yvon Gattaz : ah la bataille des mots!), ne pratiquent pas des licenciements boursiers, ne privatisent pas les profits en socialisant les pertes …ils leur arrivent d’écrire des choses intéressantes.

C’est bien le cas de Denis Kessler : il parle clair, n'est pas en campagne électorale, n'a pas peur des élections municipales.

Le projet SARKOZY, c’est bien le MEDEF qui en parle le mieux : liquider le modèle social construit au lendemain de la Seconde Guerre mondiale sur la base des rapports de force issus de la Résistance et de la Libération...en bref, « …défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance »


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Texte intégral :

ADIEU 1945, RACCROCHONS NOTRE PAYS AU MONDE !


par Denis KESSLER

Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s’y emploie.


Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d’importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme… A y regarder de plus près, on constate qu’il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance !

A l’époque se forge un pacte politique entre les gaullistes et les communistes. Ce programme est un compromis qui a permis aux premiers que la France ne devienne pas une démocratie populaire, et aux seconds d’obtenir des avancées - toujours qualifiées d'historiques - et de cristalliser dans des codes ou des statuts des positions politiques acquises.

Ce compromis, forgé à une période très chaude et particulière de notre histoire contemporaine (où les chars russes étaient à deux étapes du Tour de France, comme aurait dit le Général), se traduit par la création des caisses de Sécurité sociale, le statut de la fonction publique, l’importance du secteur public productif et la consécration des grandes entreprises françaises qui viennent d’être nationalisées, le conventionnement du marché du travail, la représentativité syndicale, les régimes complémentaires de retraite, etc. Cette architecture singulière a tenu tant bien que mal pendant plus d’un demi-siècle. Elle a même été renforcée en 1981, à contresens de l’histoire, par le programme commun. Pourtant, elle est à l’évidence complètement dépassée, inefficace, datée. Elle ne permet plus à notre pays de s’adapter aux nouvelles exigences économiques, sociales, internationales. Elle se traduit par un décrochage de notre nation par rapport à pratiquement tous ses partenaires. Le problème de notre pays est qu’il sanctifie ses institutions, qu’il leur donne une vocation éternelle, qu’il les tabouise en quelque sorte. Si bien que lorsqu’elles existent, quiconque essaie de les réformer apparaît comme animé d’une intention diabolique. Et nombreux sont ceux qui s’érigent en gardien des temples sacrés, qui en tirent leur légitimité et leur position économique, sociale et politique. Et ceux qui s’attaquent à ces institutions d’après guerre apparaissent sacrilèges. Il aura fallu attendre la chute du mur de Berlin, la quasi-disparition du parti communiste, la relégation de la CGT dans quelques places fortes, l’essoufflement asthmatique du Parti socialiste comme conditions nécessaires pour que l’on puisse envisager l’aggiornamento qui s’annonce. Mais cela ne suffisait pas. Il fallait aussi que le débat interne au sein du monde gaulliste soit tranché, et que ceux qui croyaient pouvoir continuer à rafistoler sans cesse un modèle usé, devenu inadapté, laissent place à une nouvelle génération d’entrepreneurs politiques et sociaux. Désavouer les pères fondateurs n’est pas un problème qu’en psychanalyse.

Source : “Challenge” - 4 octobre 2007 par Denis Kessler : ancien n° 2 et idéologue en chef du MEDEF au côté d’Ernest-Antoine Seillières de 1994 à 1998, apôtre du projet de “refondation sociale” d’alors.



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Vous trouverez ci-après une réaction aimablement relayée par Antoine Manessis (contact : a.manessis@wanadoo.fr / http://www.initiative-communiste.fr/ )

Construire un front de résistance contre leur volonté de « défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance »



Denis Kessler est un homme du pouvoir. Ancien numéro 2 du Medef aujourd’hui président du groupe Scor (un des plus grands groupes mondiaux de réassurance), membre du Conseil économique et social, de la Commission des comptes de la nation, il exerce plusieurs mandats d’administrateur, notamment au sein de BNP Paribas, Bolloré Investissement, Dassault Aviation… Il sévit en outre depuis peu en tant qu’éditorialiste dans le magazine économique Challenges. Voici ce qu’il y a écrit le 4 octobre, avec le parfait cynisme des « grands » de ce monde :

« Le modèle social français est le pur produit du Conseil National de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s’y emploie.

Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d’importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme… (…) La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance.

Ce compromis (entre les communistes et les gaullistes) forgé dans une période très chaude et particulière de notre histoire contemporaine (où les chars russes étaient à deux étapes du Tour de France, comme aurait dit le Général), se traduit par la création des caisses de Sécurité sociale, le statut de la fonction publique, l’importance du secteur public productif et la consécration des grandes entreprises françaises qui viennent d’être nationalisées, le conventionnement du marché du travail, la représentativité syndicale, les régimes complémentaires de retraite, etc. Cette «architecture» singulière a tenu tant bien que mal pendant plus d’un demi-siècle. Il aura fallu attendre la chute du mur de Berlin, la quasi-disparition du parti communiste, la relégation de la CGT dans quelques places fortes, l’essoufflement asthmatique du Parti socialiste comme conditions nécessaires pour que l’on puisse envisager l’aggiornamento qui s’annonce. Mais cela ne suffisait pas. Il fallait aussi que le débat interne au sein du monde gaulliste soit tranché, et que ceux qui croyaient pouvoir continuer à rafistoler sans cesse un modèle usé, devenu inadapté, laissent place à une nouvelle génération d’entrepreneurs politiques et sociaux.»

Kessler rend ici un hommage – aussi éloquent qu’involontaire - au mouvement communiste et aux syndicats de classe, fers de lance de la lutte des travailleurs pour un progrès social qui a toujours été le « sous-produit » des combats des organisations révolutionnaires. Il souligne le lien entre leur défaite ou leur mutation et la régression sociale : dans sa course folle au profit maximum, le pouvoir du capital - et son gouvernement aux ordres - se sent désormais en position de détruire purement et simplement toutes les avancées sociales et démocratiques de l’après-guerre imposées contre les grands groupes capitalistes parrains du fascisme et du nazisme. Retraites par répartition, Sécu solidaire, fonction publique au service des usagers mais aussi droit du travail, services publics, conventions collectives, droit de grève, durée du travail… tout doit disparaître !

C’est dire l’importance du recul de civilisation programmé et l’urgence de répondre à cette offensive de classe par la construction d’un front de résistance populaire dont le cœur se situe dans la mobilisation des travailleurs et la convergence des luttes qui se développent contre la régression sociale tous azimuts. Comme l’écrit la CGT-Chimie : « Plus que jamais l’heure est à la résistance et à l’unité de toutes les luttes face à la politique de casse du pouvoir ». La journée de grève du 18 octobre contre la casse des retraites et des services publics (SNCF ; EDF-GDF ; RATP ; fédérations de fonctionnaires CGT et Solidaires ; CGT, FO et Sud Education ; CGT et Sud PTT ; SNU, CGT, FO et Sud ANPE ; …) est une étape importante dans cette circonstance même s’il est préoccupant que la direction FSU ait choisi de temporiser en n’appelant pas ouvertement à la grève au motif que la CFDT ne voulait pas en entendre parler, alors même que l’inquiétude des personnels de l’Education Nationale est grande et que leur volonté de lutter s’affirme ainsi qu’en témoignent les nombreux appels à la grève des sections départementales FSU pour le 18.

Face à un pouvoir décidé à taper vite et fort, le temps est désormais compté : soit nous réussirons à avancer dans la convergence de luttes que tout rapproche (sans oublier les luttes contre la baisse des salaires, l’augmentation du temps de travail et les délocalisations, la chasse aux travailleurs dits immigrés…) soit le gouvernement vaincra des luttes morcelées et nous assisterons à la ruine des espérances formulées il y a un demi-siècle par le CNR. C’est pourquoi partout, dans les lieux de travail, dans les facs, avec et dans les syndicats, doivent se multiplier les discussions, les réunions et AG inter-pro pour faire grandir, à partir des revendications des travailleurs, l’exigence d’un « tous ensemble » durable contre la régression sociale généralisée et pour la satisfaction des besoins populaires, seul capable de stopper Sarko-Medef et le pouvoir du capital.

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Qu'importe-t'il de défaire méthodiquement au nom de leur merdonité libérale ? Le programme du Conseil National de la Résistance, d'une actualité troublante, notamment dans ses "mesures à appliquer dès la libération du territoire".




Le CNR se réunit pour la première fois le 27 mai 1943, clandestinement, dans un appartement parisien, sous la présidence de Jean Moulin, représentant en France occupée du Général de Gaulle (installé à Londres puis à Alger comme chef de la France libre). Jean Moulin sera arrêté par les nazis en juin de la même année. Lui ont succédé Georges Bidault, démocrate chrétien, puis, à la Libération, le 15 septembre 1944, Louis Saillant, CGT.

Le CNR regroupait :

huit mouvements de RÉSISTANCE intérieure : "Combat", "Libération zone Nord", "Libération (Sud)", "Francs-tireurs partisans (FTP)", "Front national" (rien à voir avec le Front national actuel), "Organisation civile et militaire" (OCM), "Ceux de la Résistance" (CDLR), "Ceux de la Libération" (CDLL),
les deux grandes confédérations syndicales de l'époque : CGT (réunifiée) et CFTC,
six représentants des principaux partis politiques reconnaissant la France Libre, dont le parti communiste, le parti socialiste, les radicaux, la droite républicaine et les démocrates-chrétiens.

LE PROGRAMME DU CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE
Née de la volonté ardente des Français de refuser la défaite, la RÉSISTANCE n'a pas d'autre raison d'être que la lutte quotidienne sans cesse intensifiée.

Cette mission de combat ne doit pas prendre fin à la Libération. Ce n'est, en effet, qu'en regroupant toutes ses forces autour des aspirations quasi unanimes de la Nation, que la France retrouvera son équilibre moral et social et redonnera au monde l'image de sa grandeur et la preuve de son unité.

Aussi les représentants des organisations de la RÉSISTANCE, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R. ,

délibérant en assemblée plénière le 15 mars 1944, ont-ils décidé de s'unir sur le programme suivant, qui comporte à la fois un plan d'action immédiate contre l'oppresseur et les mesures destinées à instaurer, dès la Libération du territoire, un ordre social plus juste.

I - PLAN D'ACTION IMMÉDIATE
Les représentants des organisations de RÉSISTANCE, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R.

Expriment leur angoisse devant la destruction physique de la Nation que l'oppresseur hitlérien poursuit avec l'aide des hommes de Vichy, par le pillage, par la suppression de toute production utile aux Français, par la famine organisée, par le maintien dans les camps d'un million de prisonniers, par la déportation d'ouvriers au nombre de plusieurs centaines de milliers, par l'emprisonnement de 300.000 Français et par l'exécution des patriotes les plus valeureux, dont déjà plus de 50.000 sont tombés pour la France.

Ils proclament leur volonté de délivrer la patrie en collaborant étroitement aux opérations militaires que l'armée française et les armées alliées entreprendront sur le continent, mais aussi de hâter cette libération, d'abréger les souffrances de notre peuple, de sauver l'avenir de la France en intensifiant sans cesse et par tous les moyens la lutte contre l'envahisseur et ses agents, commencée dès 1940.

Ils adjurent les gouvernements anglais et américain de ne pas décevoir plus longtemps l'espoir et la confiance que la France, comme tous les peuples opprimés de l'Europe, a placés dans leur volonté d'abattre l'Allemagne nazie, par le déclenchement d'opérations militaires de grande envergure qui assureront, aussi vite que possible, la libération des territoires envahis et permettront ainsi aux Français qui sont sur notre sol de se joindre aux armées alliées pour l'épreuve décisive.

Ils insistent auprès du Comité Français de la Libération Nationale pour qu'il mette tout en oeuvre afin d'obtenir les armes nécessaires et de les mettre à la disposition des patriotes. Ils constatent que les Français qui ont su organiser la RÉSISTANCE ne veulent pas et d'ailleurs ne peuvent pas se contenter d'une attitude passive dans l'attente d'une aide extérieure, mais qu'ils veulent faire la guerre, qu'ils veulent et qu'ils doivent développer leur RÉSISTANCE armée contre l'envahisseur et contre l'oppresseur.

Ils constatent, en outre, que la RÉSISTANCE Française doit ou se battre ou disparaître; qu'après avoir agi de façon défensive, elle a pris maintenant un caractère offensif et que seuls le développement et la généralisation de l'offensive des Français contre l'ennemi lui permettront de subsister et de vaincre.

Ils constatent enfin que la multiplication des grèves, l'ampleur des arrêts de travail le 11 Novembre qui, dans beaucoup de cas, ont été réalisés dans l'union des patrons et des ouvriers, l'échec infligé au plan de déportation des jeunes français en Allemagne, le magnifique combat que mènent tous les jours, avec l'appui des populations, dans les Alpes, dans le Massif Central, dans les Pyrénées et dans les Cévennes, les jeunes Français des maquis, avant garde de l'armée de la Libération, démontrent avec éclat que notre peuple est tout entier engagé dans la lutte et qu'il doit poursuivre et accroître cette lutte.

En conséquence, les représentants des organisations de RÉSISTANCE, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R.

Déclarent que c'est seulement par l'organisation, l'intensification de la lutte menée par les forces armées, par les organisations constituées, par les masses, que pourra être réalisée l'union véritable de toutes les forces patriotiques pour la réalisation de la libération nationale inséparable, comme l'a dit le Général De Gaulle, de l'insurrection nationale qui, ainsi préparée, sera dirigée par le C.N.R, sous l'autorité du C.F.L.N, dès que les circonstances politiques et militaires permettront d'assurer, même au prix de lourds sacrifices, son succès.

Ils ont l'espoir que les opérations de la Libération du pays, prévues par le plan de l'état major interallié, pourront ainsi être, le cas échéant, avancées grâce à l'aide apportée par les Français dans la lutte engagée contre l'ennemi commun, ainsi que l'a démontré l'exemple glorieux des patriotes corses.

Ils affirment solennellement que la France qui, malgré l'armistice, a poursuivi sans trêve la guerre, entend plus que jamais développer la lutte pour participer à la libération et à la victoire.

***

Pour mobiliser les ressources immenses d'énergie du peuple français, pour les diriger vers l'action salvatrice dans l'union de toutes les volontés, le C.N.R décide :

D'inviter les responsables des organisations déjà existantes à former des comités de villes et de villages, d'entreprises, par la coordination des formations qui existent actuellement, par la formation de comités là où rien n'existe encore et à enrôler les patriotes non organisés.

Tous ces comités seront placés sous la direction des comités départementaux de la libération (C.D.L). Ils seront soumis à l'autorité des C.D.L qui leur transmettront, comme directives, la plate-forme d'action et la ligne politique déterminée par le C.N.R.

Le but des ces comités sera, à l'échelon communal, local et d'entreprise, de faire participer de façon effective tous les Français à la lutte contre l'ennemi et contre ses agents de Vichy, aussi bien par la solidarité et l'assistance active à l'égard des patriotes sous l'impulsion et le soutien donnés aux revendications vitales de notre peuple. Par dessus tout, leur tâche essentielle sera de mobiliser et d'entraîner les Français qu'ils auront su grouper à l'action armée pour la Libération.

Ces comités devront, selon les circonstances et en se conformant aux instructions données par les C.D.L, appuyer et guider toutes les actions menées par les Français contre toutes les formes d'oppression et d'exploitation imposées par l'ennemi, de l'extérieur et de l'intérieur.

Ces comités devront :

1) Développer la lutte contre la déportation et aider les réfractaires à se cacher, à se nourrir, à se vêtir et à se défendre, enlevant ainsi des forces à l'ennemi et augmentant le potentiel humain de la RÉSISTANCE ;

2) Traquer et punir les agents de la Gestapo et de la Milice de DARNAND ainsi que les mouchards et les traîtres ;

3) Développer l'esprit de lutte effective en vue de la répression des nazis et des fascistes français ;

4) Développer, d'une part, la solidarité envers les emprisonnés et déportés; d'autre part, la solidarité envers les familles de toutes les victimes de la terreur hitlérienne et vichyssoise ;

5) En accord avec les organisations syndicales résistantes, combattre pour la vie et la santé des Français pour une lutte quotidienne et incessante, par des pétitions, des manifestations et des grèves, afin d'obtenir l'augmentation des salaires et traitements, bloqués par Vichy et les Allemands, et des rations alimentaires et attributions de produits de première qualité, réduites par la réglementation de Vichy et les réquisitions de l'ennemi, de façon à rendreà la population un minimum de vital en matière d'alimentation, de chauffage et d'habillement ;

6) Défendre les conditions de vie des anciens combattants, des prisonniers,des femmes de prisonniers, en organisant la lutte pour toutes les revendications particulières ;

7) Mener la lutte contre les réquisitions de produits agricoles, de matières premières et d'installations industrielles pour le compte de l'ennemi ; saboter et paralyser la production destinée à l'ennemi et ses transports par routes, par fer et par eau ;

8) Défendre à l'intérieur de la corporation agricole les producteurs contre les prélèvements excessifs, contre les taxes insuffisantes, et lutter pour le remplacement des syndicats à la solde de Vichy et de l'Allemagne par des paysans dévoués à la cause de la paysannerie française.

Tout en luttant de cette façon et grâce à l'appui de solidarité et de combativité que développe cette lutte, les comités de villes, de villages et d'entreprises devront en outre:

a) Renforcer les organisations armées des Forces Françaises de l'Intérieur par l'accroissement des groupes de patriotes : groupes francs, francs-tireurs et partisans, recrutés en particulier parmi les réfractaires ;

b) En accord avec les états majors nationaux, régionaux et départementaux des F.F.I, organisées milices patriotiques dans les villes, les campagnes et les entreprises, dont l'encadrement sera facilité par des ingénieurs, techniciens, instituteurs, fonctionnaires et cadres de réserve, et qui sont destinés à défendre l'ordre public, la vie et les biens des Français contre la terreur et la provocation, assurer et maintenir l'établissement effectif de l'autorité des Comités départementaux de la Libération sur tout ce qui aura été ou sera créé dans ce domaine pour le strict rattachement aux F.F.I dont l'autorité et la discipline doivent être respectées par tous.

Pour assurer la pleine efficacité des mesures énoncées ci-dessus, le C.N.R prescrit de l'état major national des Forces Françaises de l'Intérieur, tout en préparant minutieusement la coopération avec les Alliés en cas de débarquement, doit :

1) Donner ordre à toutes les formations des F.F.I de combattre dès maintenant l'ennemi en harcelant ses troupes, en paralysant ses transports, ses communications et ses productions de guerre, en capturant ses dépôts d'armes et de munitions afin d'en pourvoir les patriotes encore désarmés ;

2) Faire distribuer les dépôts d'armes encore inutilisés aux formations jugées par lui les plus aptes à se battre utilement dès à présent et dans l'avenir immédiat ;

3) Organiser de façon rationnelle la lutte suivant un plan établi avec les autorités compétentes à l'échelon régional, départemental ou local, pour obtenir le maximum d'efficacité ;

4) Coordonner l'action militaire avec l'action de RÉSISTANCE de la masse de la nation en proposant pour but aux organisations régionales paramilitaires d'appuyer et de protéger les manifestations patriotiques, les mouvements revendicatifs des femmes de prisonniers, des paysans et des ouvriers contre la police hitlérienne, d'empêcher les réquisitions de vivres et d'installations industrielles, les rafles organisées contre les réfractaires et les ouvriers en grève et défendre la vie et la liberté de tous les Français contre la barbare oppression de l'occupant provisoire.

***

Ainsi, par l'application des décisions du présent programme d'action commune, se fera, dans l'action, l'union étroite de tous les patriotes, sans distinction d'opinions politiques, philosophiques ou religieuses. Ainsi se constituera dans la lutte une armée expérimentée, rompue au combat, dirigée par des cadres éprouvés devant le danger, une armée capable de jouer son rôle lorsque les conditions de l'insurrection nationale seront réalisées, armée qui élargira progressivement ses objectifs et son armement.

Ainsi, par l'effort et les sacrifices de tous, sera avancée l'heure de la libération du territoire national ; ainsi la vie de milliers de Français pourra être sauvée et d'immenses richesses pourront être préservées.

Ainsi dans le combat se forgera une France plus pure et plus forte capable d'entreprendre au lendemain de la libération la plus grande oeuvre de reconstruction et de rénovation de la patrie.

II - MESURES À APPLIQUER DÈS LA LIBÉRATION DU TERRITOIRE
Unis quant au but à atteindre, unis quant aux moyens à mettre en oeuvre pour atteindre ce but qui est la Libération rapide du territoire, les représentants des mouvements, groupements, partis ou tendances politiques, groupés au sein du C.N.R. proclament qu'ils sont décidés à rester unis après la Libération :

1 ) Afin d'établir le gouvernement provisoire de la République formé par le Général de Gaulle pour défendre l'indépendance politique et économique de la nation, rétablir la France dans sa puissance, dans sa grandeur et dans sa mission universelle ;

2 ) Afin de veiller au châtiment des traîtres et à l'éviction dans le domaine de l'administration et de la vie professionnelle de tous ceux qui auront pactisé avec l'ennemi ou qui se seront associés activement à la politique des gouvernements de collaboration ;

3 ) Afin d'exiger la confiscation des biens des traîtres et des trafiquants de marché noir, l'établissement d'un impôt progressif sur les bénéfices de guerre et plus généralement sur les gains réalisés au détriment du peuple et de la nation pendant la période d'occupation, ainsi que la confiscation de tous les biens ennemis y compris les participations acquises depuis l'armistice par les gouvernements de l'Axe et par leurs ressortissants dans les entreprises françaises et coloniales de tout ordre, avec constitution de ces participations en patrimoine national inaliénable ;

4 ) Afin d'assurer :

· l'établissement de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français par le rétablissement du suffrage universel ;

· la pleine liberté de pensée, de conscience et d'expression ;

· la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l'égard de l'État, des puissances d'argent et des influences étrangères ;

· la liberté d'association, de réunion et de manifestation ;

· l'inviolabilité du domicile et le secret de la correspondance ;

· le respect de la personne humaine ;

· l'égalité absolue de tous les citoyens devant la loi ;

5) Afin de promouvoir les réformes indispensables :

a) Sur le plan économique :

l'instauration d'une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l'éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l'économie ;
une organisation rationnelle de l'économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l'intérêt général et affranchie de la dictature professionnelle instaurée à l'image des États fascistes ;
l'intensification de la production nationale selon les lignes d'un plan arrêté par l'État après consultation des représentants de tous les éléments de cette production ;
le retour à la nation des grands moyens de production monopolisés, fruit du travail commun, des sources d'énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d'assurances et des grandes banques ;
le développement et le soutien des coopératives de production, d'achats et de ventes, agricoles et artisanales ;
le droit d'accès, dans le cadre de l'entreprise, aux fonctions de direction et d'administration, pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires, et la participation des travailleurs à la direction de l'économie.
b) Sur le plan social :

le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et l'amélioration du régime contractuel du travail ;
un rajustement important des salaires et la garantie d'un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d'une vie pleinement humaine ;
la garantie du pouvoir d'achat national par une politique tendant à la stabilité de la monnaie ;
la reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d'un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs dans l'organisation de la vie économique et sociale ;
un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d'existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l'État ;
la sécurité de l'emploi, la réglementation des conditions d'embauchage et de licenciement, le rétablissement des délégués d'atelier ;
l'élévation et la sécurité du niveau de vie des travailleurs de la terre par une politique de prix agricoles rémunérateurs, améliorant et généralisant l'expérience de l'Office du blé, par une législation sociale accordant aux salariés agricoles les mêmes droits qu'aux salariés de l'industrie, par un système d'assurance contre les calamités agricoles, par l'établissement d'un juste statut du fermage et du métayage, par des facilités d'accession à la propriété pour les jeunes familles paysannes et par la réalisation d'un plan d'équipement rural ;
une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ;
le dédommagement des sinistrés et des allocations et pensions pour les victimes de la terreur fasciste.
c) Une extension des droits politiques, sociaux et économiques des populations indigènes et coloniales.

d) La possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l'instruction et d'accéder à la culture la plus développée quelle que soit la situation de fortune de leurs parents, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de naissance mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires.

Ainsi sera fondée une République nouvelle qui balaiera le régime de basse réaction instauré par Vichy et qui rendra aux institutions démocratiques et populaires l'efficacité que leur avaient fait perdre les entreprises de corruption et de trahison qui ont précédé la capitulation. Ainsi sera rendue possible une démocratie qui unisse au contrôle effectif exercé par les élus du peuple la continuité de l'action gouvernementale.

L'union des représentants de la RÉSISTANCE pour l'action dans le présent et dans l'avenir, dans l'intérêt supérieur de la patrie, doit être pour tous les Français un gage de confiance et un stimulant. Elle doit les inciter à éliminer tout esprit de particularisme, tout ferment de division qui pourraient freiner leur action et ne servir que l'ennemi.

En avant donc, dans l'union de tous les Français rassemblés autour du C.F.L.N et de son président, le général De Gaulle !

En avant pour le combat, en avant pour la victoire, afin que VIVE LA FRANCE !

LE CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE


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Une grande partie de ce programme a été effectivement appliquée après la guerre (sécurité sociale et retraites généralisées, contrôle des féodalités économiques à la Libération, droit à la culture pour tous, presse écrite délivrée de l'argent et de la corruption, lois sociales agricoles, etc). Ce programme de mars 1944 constitue encore de nos jours le socle des conquêtes sociales aujourd'hui menacées et méthodiquement démantelées.



(1) Membres influents du MEDEF que je ne confonds pas ici, pour bien les connaître, avec le patronat qui se lève tôt et travaille dur, y compris dans le secteur de l'économie sociale et solidaire, ou encore ceux du secteur marchand qui turbinent dans les SCOP.

14.07.2008

Sarkozy : l'opinion prise en otage

Passé le déferlement médiatique autour de la libération d’Ingrid Bétancourt, on se prend à rêver.


Rêver que les 2400 syndicalistes colombiens assassinés depuis 1991 par des paramilitaires d’extrême-droite proches du Président Uribe suscitent le même élan de compassion et de solidarité, tant de la part du Président Sarkozy que des faiseurs d’opinion.


Mais ne rêvons pas, il y a manifestement des bonnes et des mauvaises victimes. Les premières étalent leurs richesses et les secondes les produisent. L’état de santé des premières alarme la planète, l’assassinat des secondes passe inaperçu. Inaperçue comme une grève en France pour paraphraser notre Président.


L'information spectacle, qu’elle mente par excès ou par omission, sert avant tout une politique de classe violente : celle des people contre le peuple. Plus précisément, celle du capital contre le travail.
C'est aussi çà l'information spectacle sous Sarkozy. Une machine puissante qu'il faut mettre hors d'état de nuire.

http://rupturetranquille.over-blog.com/

Quelques infos sur la réalité colombienne :

DECLARATION DE LA COORDINATION POPULAIRE COLOMBIENNE A PARIS

Ingrid Bétancourt est libre. La Coordination populaire colombienne (CPCP) à Paris s’en réjouit pour elle, pour sa famille, ses amis, et tous les comités qui l’ont soutenue. C’est un épilogue heureux après plus de six ans d’attente. Le peuple colombien est toujours otage. Le « triomphe » des militaires et du gouvernement d’Uribe n’est pas une bonne nouvelle pour nous : C’est une légitimation de la logique guerrière et des pratiques totalitaires. Une bulle médiatique de plus qui permet d’occulter la para militarisation du régime, la violation quotidienne des Droits de l’Homme, les assassinats systématiques des opposants politiques, syndicalistes, journalistes, défenseurs des Droits de l’Homme. Nous ne pouvons oublier qu’en Colombie, près de quatre millions de personnes ont été déplacées de force à l’intérieur du pays, en majorité à cause des groupes paramilitaires. Ces groupes, qui agissent seuls ou avec des membres des forces armées, ont fait disparaître au moins 15.000 personnes ; ils les ont enterrées dans plus de 3.000 fosses communes ou ils ont jeté leurs cadavres dans les fleuves. Ils ont assassinés plus de 1.700 indigènes, 2.550 syndicalistes et plus de 5.000 membres de l’Union Patriotique. Régulièrement, ils torturent leurs victimes avant de les tuer. Entre 1982 et 2005, les paramilitaires ont perpétré plus de 3.500 massacres et ils ont volé plus de six millions d’hectares de terres. Depuis 2002 et leur supposée "démobilisation", ils ont assassiné 600 personnes chaque année. Ils ont réussi à contrôler 35% du Parlement. De 2002 à aujourd’hui, des soldats de l’Armée régulière ont commis plus de 950 exécutions, la plupart en "maquillant" des paysans en guérilleros. Récemment, en janvier 2008, les paramilitaires ont commis 2 massacres, 9 disparitions forcées, 8 homicides alors que l’Armée a perpétré 16 exécutions extralégales. Depuis le début de cette année, 28 syndicalistes ont été assassinés. En Colombie, les agents de l’Etat et les paramilitaires violent les Droits de l’Homme et le droit humanitaire. De nombreux groupes paramilitaires ne se sont pas démobilisés. Maintenant ils se font appeler "Aigles Noirs". De nombreux para politiques ont des charges publiques ou diplomatiques. En septembre 2007, il y avait 39 affaires. Aujourd’hui, en juillet 2008, il y a plus de 60 parlementaires et hauts fonctionnaires mis en cause dont bon nombre sont en prison). Le président Alvaro Uribe lui-même et son entourage sont mis en cause. L’élection présidentielle de 2006 menace d’être invalidée par une sentence de la Cour suprême de justice après qu’une parlementaire ait été reconnue coupable de subornation par cette même cour. Avec la libération d’Ingrid Betancourt par les militaires, c’est "La Mano Fuerte" qui gagne. Nous ne pouvons que regretter que la guerrilla n’ait pas libérés plus tôt tous les otages. Ou mieux, qu’elle n’ait jamais eu recours aux enlèvements. Cette victoire est un coup très dur pour les guerrilleros, mais c’est surtout un coup terrible pour l’opposition politique démocratique. Il va être encore plus difficile de faire entendre une voix divergente dans ce pays en faveur d’une solution politique du conflit, de l’échange humanitaire des prisonniers, en faveur de la vérité, de la justice et de la réparation intégrale pour les victimes. Alors oui : Bravo pour Ingrid. Mais nous pleurons pour la Colombie, sans pour autant baisser les bras. Paris, 3 juin 2008.

L'analyse du PRCF . Claire et percutante, lue sur http://www.initiative-communiste.fr/


La libération d’I.Betancourt. est un événement politique et c’est comme tel qu’il doit être analysé. Si on comprend la joie de sa famille de retrouver une fille, une mère, une épouse on doit tenter de comprendre aussi le sens de cet événement.
D’abord la couverture médiatique de la libération…du jamais vu…

TF1 et France 2 nous ont gratifié d’éditions spéciales dont le contenu fut parfaitement indécent. On doit dire que le service public fut presque plus odieux que la chaîne privée ! Ce ne furent que calomnies déversées sur les FARC et réflexions stupides sur I.Bettancourt. que Pujadas, qui ne craint décidément pas le ridicule, a qualifié de « sainte » !
Pas un mot sur l’histoire de la Colombie.
Pas un mot sur l’histoire des FARC (à part les insultes et bobards contre elles).
Pas un mot sur les massacres des populations civiles, des militants progressistes, des syndicalistes, par l’armée colombienne et ses sbires paramilitaires.

Pas un mot sur le fait avéré que le Président Uribe est mêlé au trafic de drogue comme une grande partie de son entourage.
Pas un mot sur l’ingérence des Etats-Unis en Colombie où ses multinationales prospèrent sur le dos des Colombiens et où ils financent à coup de milliards de dollars la lutte contre la guérilla populaire des FARC.
Pas un mot sur le fait que le peuple colombien crève de faim pendant qu’une minuscule oligarchie accapare toutes les richesses du pays, ce qui est la cause première de la guérilla.

Bref un long flot dégoulinant d’hypocrites « bons sentiments » et des attaques calomnieuses contre les FARC furent le contenu de cette opération politico-médiatique où il ne faut pas oublier la génuflexion permanente devant le petit grand homme Sarkozy, qui tentait de récupérer à son profit l’émotion provoquée par cette libération.
Sur un plan plus strictement politique il y a deux choses à retenir.

D’abord le fait que Uribe a tenté et réussi cette opération de libération des prisonniers des FARC dans des conditions étranges qu’il faudra tenter de décrypter pour en savoir un peu plus. Rien n’est clair dans ce qu’ont dit les otages et la hiérarchie militaire colombienne. Rien ne permet de comprendre comment la guérilla a pu être bernée par l’arrivée d’une pseudo ONG portant des T-shirt du Che !…Bref beaucoup de mystère plane sur ce coup de poker menteur
Mais le fait politique le plus important est sans conteste la conférence de presse donnée par Ingrid.Bettencourt à sa descente d’avion.

En effet, celle-ci, en pleine forme (on se souvient qu’on la disait mourante…) se livra à un plaidoyer sans nuances en faveur de l’armée colombienne, couverte du sang des milliers de paysans et d’ouvriers massacrés par elle, et de l’action d’Uribe « qui a fait ce qu’il fallait faire comme Président pour la Colombie », alors que toutes les personnes informées savent que cet homme est un narco- fasciste corrompu.

Ainsi à peine sortie de sa captivité Ingrid Bettancourt rejoint sa classe, l’oligarchie colombienne vendue aux impérialistes US et qui mène une guerre sanglante contre son propre peuple : voila donc un pion que les USA pourront utiliser à l’occasion quand Uribe sera trop usé.

Reste une leçon que nous devons retenir de ces événements : alors que des milliers de femmes colombiennes sont assassinées, torturées, massacrées par l’armée colombienne , bras armé de l’oligarchie et des impérialistes, les médias de masse, les mairies de droite et de la fausse gauche, les partis de droite et de la fausse gauche, n’ont parlé que de madame Bettancourt ; à travers sa libération ils ont continué cette campagne politique et idéologique dirigée contre la juste lutte du peuple colombien pour le pain et la liberté, trompant au passage des millions de nos concitoyens. Il nous faut avec nos moyens dérisoires, face au rouleau compresseur d’une presse asservie, nous battre aussi pour le triomphe de la vérité.

Plus que jamais il faudra également développer la solidarité avec les peuples en révolution du Venezuela, de l’Equateur, de Bolivie et de Cuba. Car manifestement, l’impérialisme américain et ses acolytes européens qui sont les vrais inspirateurs et “conseillers” d’Uribe s’efforcent de lancer une contre-attaque de grande ampleur contre l’Amérique latine rebelle, d’abord en “purgeant” la Colombie de ses éléments révolutionnaires, puis en créant les conditions pour tenter de diviser, d’agresser et de déstabiliser les pays de l’ALBA. Mais le PRCF est persuadé que l’impérialisme et sa marionnette Uribe ne parviendront pas à briser la lutte du peuple et des communistes colombiens, et qu’ils ne feront que stimuler la volonté des peuples d’Amérique latine, au premier chef, de ceux qui constituent l’ALBA, de lutter pour l’indépendance nationale, le progrès social, la démocratie et le socialisme.

Le PRCF appelle en outre les progressistes de France et d’ailleurs à amplifier leur mobilisation pour la libération des 5 patriotes cubains incarcérés aux Etats Unis, pour Mumia Abu Jamal, pour les milliers de patriotes palestiniens emprisonnés et brutalisés par l’armée israélienne, pour les centaines de patriotes colombiens emprisonnés par l’état fasciste colombien ou menacés de mort par ses para militaires, bref pour tous les OTAGES du capitalisme et de l’impérialisme qui se morfondent en prison dans l’indifférence totale de nos sarko- totalitaires médias.


Voir également le RISAL
Réseau d’information et de solidarité avec l’Amérique latine


http://risal.collectifs.net/spip.php?sommaire




Ces syndicalistes assassinés qui hantent les transnationales



Le grand déballage sur les crimes paramilitaires a commencé en Colombie. Avec les aveux en mars dernier de Chiquita et le procès intenté à Drummond, les Etats-Unis s’interrogent sur la responsabilité de leurs transnationales dans la campagne de terreur qui a coûté la vie à 2 400 syndicalistes depuis 1991.

La cinquantaine de mineurs exténués vient juste de quitter la mine de charbon de La Loma, ce 12 mars 2001, dans le nord-ouest de la Colombie, lorsque plusieurs hommes armés bloquent l’autobus de la compagnie Drummond. Les assaillants font descendre Valmore Locarno et Victor Hugo Orcasita, président et vice-président de la section locale du syndicat. On ne les reverra plus vivants. Moins de sept mois plus tard, un troisième employé de l’entreprise étasunienne, Gustavo Soler, subira le même sort. Il venait de remplacer Valmore à la tête de Sintraminergetica [1]. Trois assassinats [2]. Trois fois rien, une goutte de sang dans l’océan de drames – 2 400 morts et disparus en seize ans – qui endeuillent le syndicalisme colombien, mais trois morts qui feront date. Pour la première fois, un jury populaire étasunien s’est prononcé jeudi à Birmingham (Alabama), siège de Drummond, sur les présumées exactions d’une transnationale basée dans le pays. En l’absence – opportune – de leurs deux témoins centraux, Sintraminergetica et les familles des syndicalistes ont été déboutés. Mais quel que soit le sort réservé à l’appel interjeté par les familles, une brèche s’est ouverte, et les procédures promettent de se multiplier.

Sauve qui peut !

Aux Etats-Unis, l’affaire Drummond avait été prise très au sérieux, les habituelles dénégations méprisantes n’étaient plus de mise. Le très célèbre bureau d’avocat de l’ancien secrétaire d’Etat, James Baker, a même été mobilisé pour tenter d’empêcher la tenue de l’audience. En vain.

Le scandale de la « parapolitique » – qui éclabousse depuis plus d’un an des institutions colombiennes liées aux narco-paramilitaires [3] – est passé par là. Aujourd’hui, les langues se délient. Agents des services de renseignement, miliciens repentis, militaires, politiciens ou fonctionnaires, personne ne veut couler tout seul.
D’autant que le passif des « paras » est impressionnant : en une vingtaine d’années, ce conglomérat d’organisations armées d’extrême droite aurait exécuté plus de 17 000 personnes [4]et forcé au déplacement de 1 à 3 millions de paysans. De notoriété publique, les Autodéfenses Unies de Colombie (AUC) contrôlent aujourd’hui l’essentiel du trafic de cocaïne en provenance de Colombie. Pis, en ces temps de « lutte contre le terrorisme », les AUC sont devenues particulièrement infréquentables, puisque inscrites sur la fameuse liste des organisations criminelles dressée par le Département d’Etat américain.

Chiquita avoue

Dans ce sauve qui peut des complices, commanditaires et autres exécutants, certaines transnationales présentes de longue date dans l’Eldorado colombien commencent à trembler. Première à passer aux aveux : la fameuse société bananière Chiquita a admis avoir eu recours aux services des AUC « pour la sécurité de [son] personnel », pour la modique somme 1,7 million de dollars entre 1997 et 2004. Selon un responsable chargé de collecter les fonds, Banadex, l’ancienne filiale de Chiquita, versait une obole de trois centimes de dollars par caisse de banane exportée.

Contre une amende de 25 millions, la justice étasunienne a finalement accepté en mars dernier d’abandonner la procédure judiciaire. Mais les tourments de Chiquita ne semblent pas près de s’arrêter. Car si la justice colombienne demeure muette, plusieurs ONG ont déposé plainte la semaine dernière devant une Cour du New Jersey, pour « assassinats », « tortures » et « crimes de guerre » commis dans les régions bananières de Colombie.

Importation d’armes

Il faut dire que le dossier de l’ex-United Fruits & Cie est particulièrement gratiné. Ainsi, selon les éléments retenus par la justice, la collaboration entre Chiquita et les paramilitaires s’est menée tout au sommet, Le fondateur des AUC, Carlos Castaño [5], y a participé en personne, au su de la maison mère de l’entreprise à Cincinnati.
De l’aveu même des « paras, la multinationale a grandement contribué – consciemment ou pas – à leur prise de contrôle de la région de l’Uraba. Ainsi, en novembre 2001, Banadex déchargea sur son port privé, situé en zone franche, puis transporta quelque 3 400 fusils et 4 millions de cartouches en provenance d’Israël et du Nicaragua pour le compte des AUC.
« Mon meilleur goal », confia après coup Carlos Castaño.

L’Observatoire présidentiel pour les droits humains estime que durant la période où Chiquita finançait le bloc paramilitaire de la zone, celui-ci a commis 62 massacres (432 victimes) et forcé le déplacement de 60 000 personnes.

Emblématique, le cas de Chiquita a valu un avertissement en bonne et due forme à toutes les entreprises étasuniennes présentes en Colombie. Celles-ci « doivent prendre note que les versements effectués à des terroristes ne peuvent être considérés comme des frais d’affaires : ce sont des délits », déclarait le 19 mars dernier le procureur fédéral Jeffrey Taylor dans un communiqué.
Et il n’aura pas fallu deux mois pour que la tempête présagée éclate. Le 17 mai, contre une remise de peine, l’ex-chef des paramilitaires, Salvatore Mancuso, livrait une longue liste d’entreprises nationales ou étrangères ayant financé les AUC. On y retrouve notamment le gotha des sociétés bananières [6]– dont Chiquita, Dole et Del Monte qui auraient versé 1 cent par caisse – mais aussi Hyundai, Bavaria (SABMiller) et toutes les exploitations de charbon du Département du Cesar (où opère Drummond), ainsi que deux douzaines d’autres firmes actives dans les secteurs pétrolier, agroexportateur et alimentaire.

Représentants fâchés

Ajouté aux procédures engagées contre Drummond, Coca-Cola et Occidental, la coupe était pleine pour certains élus démocrates, de plus en plus rétifs aux liens entre Washington et le régime de Bogotá. Saisie du dossier de la « para-économie » en juin, la sous-commission parlementaire aux organisations internationales n’a pas hésité à réclamer l’audition du repenti Mancuso. « Nos intérêts économiques nuisent-ils à la lutte contre le terrorisme ? Sommes nous en train de faire des compromis ? Si tel est le cas, le public doit le savoir », a notamment déclaré dans la presse Bill Delahunt [7]. Et le président de la sous-commission de prévenir que celle-ci allait « examiner de très près le comportement des transnationales étasuniennes dans le monde » et qu’elle usera de la Colombie « comme d’un modèle ». A terme, M. Delahunt n’a pas exclu qu’il faille compléter le code pénal étasunien, pour restaurer « notre crédibilité et notre position morale dans le monde ».

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Guerre civile ou guerre sociale ?

« L’Ecole nationale syndicale de Colombie a recensé 2 245 homicides, 3 400 menaces et 138 disparitions forcées à l’encontre de syndicalistes entre janvier 1991 et décembre 2006. » « Dans plus de 90% des cas, les responsables n’ont pas été jugés. » « En 2005, environ 49% des violations de droits humains envers des syndicalistes furent l’oeuvre des paramilitaires, et 43% directement par les forces de sécurité. » Ces impressionnants constats figurent dans un rapport d’Amnesty International [8] opportunément publié le 3 juillet dernier. L’information n’est pas vraiment nouvelle. Année après année, ONG et confédérations syndicales dénoncent le sonderfall [cas à part] colombien : ce pays à peine plus peuplé que l’Espagne héberge à lui seul plus de 90% des assassinats de syndicalistes commis dans le monde. Sans compter les meurtres de proches ou les exils forcés par milliers, car si le nombre d’assassinats directs de militants a diminué ces dernières années, les manoeuvres d’intimidation ont, elles, explosé.

Alors pourquoi ? Pourquoi cette hécatombe ? Employeurs et paramilitaires concordent sur un point : il s’agirait là d’un effet de la subversion communiste qui agite le pays depuis les années 1960. Pour les Autodéfenses Unies de Colombie (AUC), les syndicalistes pris pour cible seraient en réalité des collaborateurs des guérillas, qu’ils aideraient en particulier à extorquer les entrepreneurs.
Sans accuser directement les syndicats, les employeurs s’en remettent aussi à la « guerre civile ». Ainsi l’avocat de Drummond déclarait-il en ouverture du procès pour meurtre des trois dirigeants de Sintraminergetica : « Ce sont trois parmi des milliers de leaders syndicaux assassinés en Colombie », selon les mots de William Jeffress. Et d’ajouter que « personne ne pourrait imaginer que Drummond ait pu aider à assassiner ses propres employés ». Une argumentation absurde et scandaleuse, rétorque un ancien dirigeant de Sintraminergetica.
Ce fils et petit-fils de syndicalistes souligne que les meurtres de ses collègues sont intervenus en période de conflit avec l’entreprise. Cinq ans plus tard, lui-même a été menacé et a dû fuir le pays après avoir conduit un mouvement de grève victorieux. « Je me suis toujours battu pour les droits des travailleurs, je n’ai pas d’armes, à part ma tête et mes bras », confie-t-il.
Dans son rapport, Amnesty confirme sans ambiguïté cette version. L’ONG a relevé des « abus constants contre les droits humains de syndicalistes commis dans le contexte des conflits de travail » ou lors de campagnes contre des projets de privatisations. Autrement dit, dans l’immense majorité des cas, c’est bien « le statut et l’activité syndicale » qui motivent l’exaction. Pour l’ONG, il existerait même « une stratégie militaire-paramilitaire coordonnée, destinée à réduire le travail de ces personnes, en les éliminant physiquement, mais aussi en tentant de discréditer la légitimité des activités syndicales ». En somme, le conflit armé servirait de « couverture » à tous ceux qui cherchent à augmenter leurs profits par tous les moyens. « Drummond, comme d’autres, a fait sciemment le choix de s’installer dans une zone en conflit pour faire plus d’argent », illustre Herman Johnson, avocat étasunien de Sintraminergetica. Et la méthode a prouvé son efficacité ; jadis réputé pour sa combativité, le mouvement syndical colombien s’affaiblit irrémédiablement. En une dizaine d’années, le taux de syndicalisation est passé de 8% à moins de 4%. Corollaire, le nombre de travailleurs couverts par une convention collective a chuté de moitié, indique la Centrale unitaire des travailleurs. Une véritable catastrophe dans un pays qui ne connaît pas de sécurité sociale publique. Salaires et stabilité de l’emploi ont suivi le mouvement : durant la même période, 900 000 contrats de salariés ont disparu. Quant au code du travail, pourtant prévu par la Constitution de 1991, il est resté lettre morte.

NOTES:

[1] Syndicat national des travailleurs des mines et de l’énergie.

[2] A noter que deux militants de base de Sintraminergetica avaient été assassinés peu avant MM. Locarno et Orcasita. Le Courrier a déjà relaté partiellement ces faits le 2 mai 2004 : http://risal.collectifs.net/spip.php ?article949.

[3] [NDLR] Consultez à ce sujet le dossier « parapolitique et paramilitarisme » dans la rubrique « Colombie » du RISAL : http://risal.collectifs.net/spip.php ?mot392.

[4] Plus de 14 000 entre 1988 et 2003, selon le CINEP, une ONG colombienne. Au moins 3 000 depuis décembre 2002, selon Amnesty International.

[5] [NDLR] Castaño a mystérieusement disparu en avril 2004.

[6] [NDLR] Lire à ce propos Roberto Bardini, United Fruit : Bananes, avocats et mitrailleuses, RISAL, 18 juillet 2007 : http://risal.collectifs.net/spip.ph....

[7] Los Angeles Times, 23 juillet 2007.

[8] http://web.amnesty.org/library/Inde...


En cas de reproduction de cet article, veuillez indiquer les informations ci-dessous:
RISAL - Réseau d'information et de solidarité avec l'Amérique latine
URL: http://risal.collectifs.net/

Source : Le Courrier (http://www.lecourrier.ch/), Genève, juillet 2007.

Les opinions exprimées et les arguments avancés dans cet article demeurent l'entière responsabilité de l'auteur-e et ne reflètent pas nécessairement ceux du Réseau d'Information et de Solidarité avec l'Amérique Latine (RISAL).

12.07.2008

SARKOZY DEMISSION

Texte extrait du bloc-note : http://rupturetranquille.over-blog.com/


Sarkozy, démission ?

A lire ce texte qui circule sur la Toile, il semblerait que l'idée commence à faire son chemin...gardez-là dans un coin de votre mémoire : si elle est déjà pertinente en soi, elle trouvera sa portée pratique lorsque adviendra le prochain conflit social majeur.


Pour entrer en relation avec l'auteur de cet appel, une seule adresse : a.manessis@wanadoo.fr

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