<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?> <?xml-stylesheet type="text/xsl" href="/rss20.xsl" media="screen"?> <rss xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" version="2.0"> <channel> <title>Union pour une Minorité de Privilégiés</title> <description>Site de soutien à l'action de Nicolas Sarkozy</description> <link>http://ump.blogs.letelegramme.com/</link> <lastBuildDate>Tue,  2 Dec 2008 09:53:15 +0100</lastBuildDate> <generator>blogs.letelegramme.com</generator> <copyright>All Rights Reserved</copyright>  <item> <guid isPermaLink="true">http://ump.blogs.letelegramme.com/archive/2008/11/15/et-a-gauche-quoi-de-neuf.html</guid> <title>Et à gauche, quoi de neuf ?</title> <link>http://ump.blogs.letelegramme.com/archive/2008/11/15/et-a-gauche-quoi-de-neuf.html</link> <author>noreply@blogs.letelegramme.com (Frédéric Maurin)</author>   <category>Actualités</category>   <pubDate>Sat, 15 Nov 2008 19:09:30 +0100</pubDate> <description> Texte aimablement transmis par : &lt;u&gt;http://rupturetranquille.over-blog.com/&lt;/u&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&quot;Bloc-note de rupture avec l'Union pour une Minorité de Privilégiés&quot;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et à gauche, quoi de neuf ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Remarquez bien que, personnellement, je n’attends rien de neuf de la gauche. En effet, les appels à « moderniser la gauche» n’ont eu pour seul effet que l’adaptation honteuse à la merdonité libérale-capitaliste. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et ceci qu’ils aient été lancés au nom de la (Très Sainte) idée européenne, des exigences du grand marché, de la mondialisation, de la promotion qui de la « société civile » qui des identités particulières, raciales ou religieuses . &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
  &lt;br /&gt;
Il suffit d'ailleurs souvent d’observer le parcours et les revenus de ceux qui ont lancé ce type d' appels à la modernisation (Alain Minc, BHL, July me viennent spontanément à l’esprit) pour savoir de quelle modernisation il s’agit. Et à qui elle profite. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le neuf à gauche c’est la fidélité à son histoire, ses valeurs. Prenez simplement, mais entièrement, le programme du CNR. C’est de savoir d’où elle vient pour savoir où elle veut aller. Et savoir quels intérêts défendre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dit autrement, cela peut donner cela : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Voyez l’histoire du vieux pays. De la Renaissance à la Résistance, en passant par 1789 et la Commune de Paris, tous ses sursauts de jeunesse furent amorcés par des nostalgiques actifs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chaque bond en avant est venu récompenser un tonique retour aux sources, aux vertus d’un passé que les « réalistes », confondant Histoire et calendrier, croyaient anachronique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les novateurs ont la mémoire longue. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sous la grisaille, les trois couleurs. Sous les cendres, la flamme » (1) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 Alors, quoi de neuf à gauche ? Je laisserai répondre, avec plaisir, un « nostalgique actif » : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
I – Le ralliement à contretemps de la gauche au libéralisme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La crise de la gauche en France et en Europe tient pour l’essentiel, à mon sens, au fait qu’elle s’est progressivement résignée à accepter comme une fatalité la domination du capital financier, la dictature de l’actionnariat et la loi des multinationales qui, au nom de la globalisation, mettent en concurrence les territoires et les mains-d’œuvre. La mondialisation est une stratégie. Les « armées de réserve industrielle » des pays à bas coûts de production pèsent sur les salaires et la protection sociale en France et en Europe occidentale, mais les pays émergents comme la Chine ne sont pas les premiers responsables de cette régression. Le capitalisme financier qui les domine, eux aussi, n’a pas attendu l’émergence de ces pays pour opérer, dès les années quatre-vingt, le grand renversement du partage de la valeur ajoutée entre le travail et le capital au profit de ce dernier. C’est ce capital financier qui met en œuvre la stratégie de la globalisation. Le chômage a été le principal moyen utilisé pour opérer une véritable déflation salariale, ainsi en France à partir de 1983.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La dérégulation qui a suivi s’insérait dans un dessein libéral néo-conservateur, né dans le monde anglo-saxon et mis en œuvre à partir de la victoire électorale en Grande-Bretagne de Mme Thatcher en 1979 et de M. Reagan aux Etats-Unis, l’année suivante. Cette volonté de déréglementation généralisée théorisée au départ par des économistes comme Friedrich Hayek et Milton Friedman, a correspondu à la volonté des Etats-Unis d’ouvrir les marchés aux produits de leurs multinationales et à leurs investissements, en cassant l’intervention des Etats dans l’économie et en faisant reculer partout, y compris à domicile, l’Etat providence. Cette politique a été mise en œuvre, au niveau mondial, par le GATT, devenu OMC en 1994, et par les politiques d’ajustement structurel du FMI. Elle a été relayée par l’Europe libérale à travers l’Acte Unique de 1987 et le traité de Maastricht de 1992. Elle a enfin été parachevée politiquement par le rapprochement entre les Etats-Unis et la Chine, et l’ouverture de celle-ci aux multinationales dans les années 78-80, et surtout par l’implosion du communisme en 1989-91, suivie de l’application de thérapies de choc libérales aux ex « pays socialistes ». Pour la première fois depuis 1914, l’économie de marché coïncidait à nouveau avec les limites de la planète. C’est ce capitalisme financier qui n’a pu se développer et ne peut se survivre qu’avec le soutien de l’Hyperpuissance américaine qui se débat aujourd’hui dans d’insolubles contradictions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On se souvient des théories de Francis Fukuyama proclamant, au début des années quatre-vingt-dix « la fin de l’Histoire ». En France, François Furet, dès 1989, déclarait « la Révolution française terminée », en fait, selon lui, depuis Gambetta. La gauche n’avait plus qu’à se convertir au libéralisme. Ce qu’elle a fait avec peut-être plus de réticences apparentes en France que dans le reste de l’Europe, avec Tony Blair en Grande-Bretagne, d’Allema et Walter Veltroni en Italie et Gerhard Schröder en Allemagne, mais qu’elle a fait quand même, à mots couverts, pour finir aujourd’hui par un ralliement officiel au libéralisme, sous couleur de « modernité ». Ralliement si tardif qu’il s’opère aujourd’hui à contretemps : pour s’afficher « moderne », on se dit libéral, au moment où la globalisation libérale entre dans une crise systémique qui, pour la première fois, ouvre la perspective de sa remise en cause !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A son Université d’été de La Rochelle, le parti socialiste a donné le sentiment de se désintéresser des questions de fond, qu’il s’agisse de la crise économique mondiale ou des risques d’une nouvelle guerre froide sur notre continent. Le débat sur l’Europe qui avait traversé le parti socialiste lui-même en 2005 a été refermé. Cette attitude n’est pas tenable dans la durée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La gauche européenne qui a longtemps défendu « l’Etat-Providence », retarde de plusieurs guerres, pour n’avoir pas su inscrire son projet dans une analyse d’ensemble de l’évolution du capitalisme financier contemporain et de la crise de la globalisation libérale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
II – Une méconnaissance de la nature même de la globalisation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme ses homologues européens, le parti socialiste en France méconnaît, dans la plupart de ses composantes, le rôle central des Etats-Unis dans la globalisation. Ce sont eux qui, dès les années soixante-dix, l’ont impulsée en faisant du dollar la monnaie mondiale, et en se comportant comme si cette monnaie était seulement la leur. John Mc Cain est toujours sur cette ligne quand il déclare : « Le libre-échange sert la politique extérieure des Etats-Unis. » Terrible cécité : La crise financière actuelle n’est pas seulement la conséquence d’une politique bancaire aventurée. Elle résulte du fait que, depuis longtemps, les Etats-Unis vivent au-dessus de leurs moyens. Leur déficit commercial dépasse 700 milliards de dollars, soit 6 % de leur PIB. L’endettement des ménages américains, encouragé par le Trésor et le Federal Reserve Board, équivaut à ce même PIB. L’épargne américaine est dramatiquement insuffisante. Le financement de l’économie des Etats-Unis n’est possible que parce que celle-ci capte 80 % de l’épargne mondiale ! Le monde marche ainsi sur la tête. Pour enrayer la chute du dollar, les Etats-Unis ont choisi avec M. Bush la fuite en avant dans le domaine de la politique extérieure, avec le dessein de contrôler l’essentiel des richesses pétrolières et gazières mondiales. Malgré un budget militaire colossal de plus de 450 milliards de dollars, à lui seul la moitié des budgets de la défense dans le monde, les Etats-Unis se trouvent aujourd’hui enlisés militairement en Irak et en Afghanistan. Le choix est aujourd’hui entre le désengagement ou l’escalade. Logique avec lui-même, M. Mc Cain déclare que les troupes américaines resteront en Irak cent ans, s’il le faut.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est cette logique globale que les gauches européenne et française, dans leur majorité, se refusent à comprendre. Elles vivent dans l’illusion irénique qu’un retrait américain d’Irak suffirait à résoudre le problème. La crise de la globalisation libérale et le destin de l’Empire américain sont étroitement liés : on ne peut envisager une refondation progressiste de l’ordre international et l’organisation à l’échelle mondiale d’un nouveau « New-Deal » que dans le cadre d’un monde multipolaire régi par le droit et d’institutions internationales rénovées. C’est cette absence de vision historique et géopolitique qui explique l’incapacité de la gauche française et européenne à proposer une politique réellement alternative. Bien entendu, cette incapacité s’enracine aussi dans un attachement à l’hégémonie américaine, lié à un passé révolu. J’ai parlé d’« occidentalocentrisme » à propos de la politique étrangère de Nicolas Sarkozy. En réalité, cet occidentalocentrisme se retrouve largement dans la pensée de la majorité des dirigeants du PS, ce qui explique leurs contradictions dans le domaine de la politique extérieure, y compris européenne. C’est ainsi qu’ils se révèlent incapables de remettre en cause l’orientation libérale de la construction européenne : beaucoup de dirigeants socialistes ont volé au secours de Nicolas Sarkozy pour faire approuver le traité de Lisbonne. C’est ainsi encore qu’on voit certains de ces dirigeants se lancer dans de dangereuses surenchères sur la situation en Géorgie, comme si celle-ci n’était pas aussi le résultat de la politique américaine mise en œuvre pour s’assurer le contrôle des richesses pétrolières et gazières autour de la Mer Caspienne. Ce n’est pas un hasard si Nicolas Sarkozy utilise Bernard Kouchner et Jean-Pierre Jouyet pour mettre en œuvre sa politique. Celle-ci reflète le consensus de l’Establishment financier et des élites bien pensantes pour mettre en œuvre la politique que j’ai décrite comme « du pareil au même ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous sommes donc confrontés à l’incapacité actuelle de la gauche française à « penser mondial ». La plupart des courants majoritaires du parti socialiste ne se distinguent guère dans la surenchère social-libérale. Ils veulent tous « adapter la France à la mondialisation ». Ils comptent avant tout sur les difficultés et les échecs de la droite pour revenir au pouvoir en 2012. Or, à préparer une alternance sans alternative, ils prennent le risque de se couper non seulement des couches populaires abandonnées à la droite dure ou à la gauche radicale, mais aussi de cette fraction consciente de l’électorat qui entend se déterminer d’abord en fonction des intérêts du pays et d’un projet politique convaincant que j’appelle le « courant républicain », soit deux à trois millions d’électeurs, une minorité donc, mais bien souvent capable de faire la décision.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Beaucoup d’hommes de gauche sincères se bercent encore de l’illusion que l’Union européenne à vingt-sept puisse agir par elle-même pour infléchir le cours de la globalisation libérale, ce dont à mon sens elle est absolument incapable sans une reprise de conscience politique de ses nations, et d’abord de la nôtre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’incapacité de la gauche française et européenne à « penser mondial » s’enracine donc dans la crise de l’idée républicaine et dans le discrédit de la nation comme vecteur principal de notre responsabilité vis-à-vis du monde : telle est la thèse que je voudrais au moins esquisser en conclusion de notre Université d’été.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
III – Démonisation des nations et régression démocratique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1. La construction européenne telle qu’elle s’est faite après les deux guerres mondiales a reposé sur l’illusion d’une démocratie post-nationale. Or, la démonisation et la démobilisation des nations comme cadre politique opératoire au profit d’une Europe dominée par des instances technocratiques - Commission, Banque Centrale, Cour de Justice européenne – dont la prépotence ne peut être dissimulée par les oripeaux d’un Parlement fantôme, a livré nos pays d’Europe à des politiques libérales menées au nom du « principe de la concurrence », relayant sur notre continent la globalisation libérale impulsée par les Etats-Unis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce sont les peuples qui ont été frappés d’impuissance par cette démonisation de la nation. Quand on prive les peuples de leur passé, on les prive également de leur avenir. La France serait le pays de l’affaire Dreyfus, le pays de la collaboration et de Vichy, le pays du « Code noir » et de l’esclavagisme, un pays indécrottablement colonialiste. Il faut donc rappeler que la France c’est le pays de la Révolution française dont les adversaires animés par une féroce idéologie antiégalitaire et antisémite ont réussi, en 1894, à faire condamner le capitaine Dreyfus. Mais on oublie de rappeler que dans cette affaire ce sont les républicain, à la fin, qui ont gagné : le capitaine Dreyfus a été solennellement réhabilité en 1906 et la République est sortie victorieuse par la voie du suffrage universel de sa confrontation avec les courants nationalistes et antisémites de la fin du XIXe siècle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les contempteurs de la nation nous expliquent que la France a été irréparablement souillée par la collaboration. Ils oublient de dire que la France n’a pas mis au pouvoir un gouvernement fasciste par la voie des urnes. En 1936 elle a élu une Chambre de Front Populaire. La défaite de 1940 a été préparée et utilisée par les adversaires de la République. Mais a-t-on le droit d’oublier le général de Gaulle, la France Libre, Jean Moulin, la Résistance et l’hostilité de l’immense majorité du peuple français à l’occupant nazi ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les mêmes contempteurs de la nation française veulent faire de celle-ci la complice du « Code Noir » et de l’esclavagisme. C’est oublier le combat des philosophes, la Révolution, l’abolition de l’esclavage en 1794 par Robespierre et en 1848 par la Seconde République et Victor Schoelcher.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La France serait un pays indécrottablement colonialiste. On retient Voulet-Chanoine mais on oublie Savorgnan de Brazza. On oublie que le peuple français consulté par référendum s’est prononcé massivement pour l’autodétermination de l’Algérie en 1962 et par conséquent pour son indépendance dans la coopération avec la France. Il faut renouer avec notre histoire, avec ses ombres certes, mais aussi avec ses lumières ; C’est la seule manière pour notre peuple de retrouver la raisonnable confiance en lui-même dont il a besoin pour construire à nouveau son avenir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et de la même manière les autres peuples d’Europe doivent renouer avec le fil de leur Histoire pour qu’ensemble nous puissions nous tourner vers l’avenir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2. En même temps que la mise en congé de la nation républicaine débouchait sur la crise du civisme, l’avènement du « tout marché » entraînait le creusement des inégalités, la mise à l’encan des services publics, et le repli sur soi. C’est ainsi que le Président de la Poste, M. Jean-Paul Bailly, déclarait, selon Le Figaro du 29 août, que la mise en Bourse de la Poste aurait deux avantages : « elle aurait l’assentiment de la Commission européenne et pourrait créer un choc culturel au sein de l’entreprise ». Nous sommes bien placés dans nos départements pour observer, avant l’heure, les conséquences de cette privatisation du service public : fermetures de bureaux de postes dans les zones rurales, et les quartiers périphériques, allongement des délais d’acheminement du courrier ordinaire, au prétexte d’affronter la concurrence. C’est à juste titre que le Comité de liaison de la gauche a décidé de lancer une pétition contre la privatisation de la poste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais cette libéralisation à outrance n’est pas tombée du ciel : elle a été voulue ou acceptée par tous nos gouvernements successifs – faut-il rappeler les sommets de Lisbonne et de Barcelone ? M. Jouyet officiait déjà au cabinet du Premier ministre … C’est au nom de la concurrence qu’on a libéralisé les prix de l’énergie, au bénéfice, paraît-il, du consommateur. Curieusement, la facture de l’électricité et du gaz a explosé ! Demain la concurrence prévaudra aussi dans le domaine ferroviaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La politique de M. Sarkozy donne ainsi une cohérence d’ensemble à un choix d’alignement sur le tout-marché : le pouvoir d’achat est rogné par l’inflation. Le gouvernement prétend le sauvegarder en supprimant les protections dont bénéficiaient les petits commerces de centre-ville. En fait, « travailler plus et gagner moins », tel est le programme réel que des économistes soutenant le gouvernement, tel M. Nicolas Baverez, revendiquent ouvertement. Sous le nom de « révision générale des politiques publiques », c’est un repli systématique de l’Etat qui se met en œuvre autour des chefs-lieux de régions, laissant les autres départements en quasi déshérence du point de vue de l’administration de l’Etat. Le département lui-même, en tant que collectivité décentralisée, est menacé au prétexte de la suppression d’un échelon administratif, sans qu’on réponde à la question de savoir à quel niveau ses compétences, notamment en matière sociale, seraient mieux exercées. Chacun sent bien que c’est le service public de proximité qui en souffrira en premier lieu. Tout cela se passe en silence, en l’absence de tout débat public.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En réalité, la politique de M. Sarkozy est télescopée de plein fouet par la crise de la globalisation libérale. Le « fondamentalisme de marché » qui a soutenu le thatchérisme, le reaganisme, le consensus de Washington et, en France, la politique de rigueur, a creusé partout les inégalités, nourri la spéculation et engendré une crise systémique sans précédent. Joseph Stieglitz, prix Nobel d’Economie, a dénoncé l’illusion selon laquelle « les marchés sont auto correcteurs, distribuent efficacement les ressources et servent l’intérêt général. » Or c’est cette illusion-là qui soutient partout les politiques libérales au niveau national, européen et mondial.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
IV – Caractère central de la question européenne dans la refondation de la gauche &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La politique mise en œuvre par M. Sarkozy est une facette redoublée de cette politique néfaste que poursuit dans toute l’Europe la Commission européenne. C’est pourquoi il n’est pas possible d’ouvrir une alternative véritable sans remettre en cause l’orientation libérale imposée d’en haut par les instances européennes. Cette constatation de bon sens rencontre fréquemment l’objection que les politiques européennes sont celles qu’ont acceptées au Conseil des ministres les gouvernements nationaux. Cette objection fréquemment avancée par beaucoup de dirigeants socialistes ne tient pas la route, car le poids de la bienpensance européenne est tel que les gouvernements nationaux sont d’avance tétanisés à l’idée de vouloir s’en affranchir tant soit peu : ils seraient aussitôt taxés de régression « nationaliste », et mis au ban de l’Europe bien pensante, c’est-à-dire libérale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est pourquoi la tâche de la gauche n’est pas seulement de réhabiliter le concept de nation républicaine comme communauté de citoyens mais d’en faire le vecteur d’une autre idée de l’Europe. Car l’Europe de MM. Barroso et Solana est une Europe anémiée, invertébrée, réduite à une bien-pensance libérale qui l’empêche d’être un acteur de son destin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’Europe a besoin de l’entente de ses nations et d’abord de ses grandes nations : l’Allemagne, la France, l’Italie, l’Espagne, la Grande-Bretagne, la Pologne délivrée des cauchemars du passé et j’ajoute même la Russie. Comment oublier qu’en 2003 c’est l’entente du Président de la République française, du Chancelier de l’Allemagne fédérale et du Président russe qui ont privé l’invasion américaine de l’Irak du sceau de la légalité et par conséquent de la respectabilité internationale ? Immense service rendu à la cause de ce qu’on appelle le dialogue des civilisations ou plus justement dialogue des cultures. L’Europe a besoin de nations vivantes et démocratiques capables de s’inscrire ensemble dans une vision partagée de l’avenir. Une vision de progrès social mais aussi d’identité politique par rapport aux autres aires géographiques de la planète. L’Europe ne peut pas être une filiale ou plutôt un ensemble de filiales de la holding américaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut avoir le courage d’affronter la question européenne. Nous ne sommes évidemment pas contre l’idée européenne. Au contraire, nous sommes favorables à l’organisation d’une Europe à géométrie variable, car fondée sur la démocratie qui vit dans ses nations. Nous militons pour un gouvernement économique de la zone euro afin de contrebalancer l’omnipotence actuelle de la Banque Centrale européenne et de mieux protéger nos industries. Nous ne croyons pas non plus que la France soit vouée à s’effacer pour s’aligner sur la politique décidée à Washington. C’est pourquoi nous avons toujours refusé et nous refuserons toujours de donner congé à la souveraineté populaire. Nous savons que l’idée même du peuple français est aujourd’hui en danger parce qu’elle est combattue de droite par les élites ralliées à la domination du capital financier et souvent aussi, hélas, de gauche, par des courants libéraux ou même anarchistes qui n’ont jamais compris ce qu’est la République.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La République porte des idéaux universels mais elle s’enracine dans une identité collective, celle de la France. Oublier notre histoire, ignorer une géopolitique élémentaire, ne plus savoir même quelle place nous occupons sur la carte du monde, c’est évidemment méconnaître les intérêts fondamentaux de notre peuple, s’exposer à de terribles régressions, laisser la France et sa riche histoire à la droite et à l’extrême droite. Cette vue myope des choses serait suicidaire pour la gauche en France mais aussi en Europe..&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle le serait d’autant plus que l’Empire américain, tel qu’il s’est établi depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, touche à sa fin. Il est clair que les Etats-Unis n’ont plus aujourd’hui la capacité de dominer seuls le monde. Ils cherchent partout en Europe, au Japon, et même en Inde, des supplétifs. Ils n’ont évidemment pas renoncé à exercer partout leur hégémonie, se concevant eux-mêmes, comme l’a rappelé utilement Hubert Védrine dans le Monde Diplomatique, comme le moyeu d’une roue de bicyclette dont chaque pays serait un rayon, s’instituant ainsi comme une sorte de « hub », de « passage obligé », pour les autres nations, en fonction du principe que chaque pays préfère l’hégémonie américaine à celle de son voisin plus puissant. Cette vision est cependant trop sommaire. Nous entrons dans une ère nouvelle où plusieurs pôles existeront dans l’ordre international : Chine, Inde, Russie, etc. La question qui se pose est celle de savoir quelle place l’Europe et la France tiendront dans cette nouvelle organisation du monde. La réponse apportée par la politique de M. Sarkozy est simple, c’est : aucune. Ni la France ni l’Europe, avec la politique de Nicolas Sarkozy, ne seront jamais un pôle dans le monde de demain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
V – La tentation de l’occidentalocentrisme&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un livre récent, trop peu lu, « Pour une Union occidentale », M. Balladur à l’école duquel Nicolas Sarkozy s’est formé, a théorisé ce que j’appelle « l’occidentalocentrisme » : les pays de souche européenne ne sont plus aujourd’hui à l’échelle du monde qu’une minorité déclinante. Pour préserver les avantages acquis de l’Occident, en fait ceux du capital financier, il est essentiel, selon cette théorie, de resserrer les rangs autour des Etats-Unis pour faire face à la montée des pays émergents. Je résume bien entendu la thèse développée par M. Balladur, observant qu’elle est, en fait, mise en œuvre par M. Sarkozy qui inscrit la politique française dans le sillage de la politique américaine, que ce soit en Afghanistan, ou face à l’Iran, ou en Géorgie face à la Russie, ou encore en annonçant son intention de rejoindre l’organisation militaire intégrée de l’OTAN, au prétexte illusoire de construire par ailleurs une « défense européenne ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De Gaulle avait soustrait nos états-majors au commandement d’officiers généraux américains pour affirmer le principe d’une France indépendante, capable de faire valoir ses vues, raisonnablement s’entend, partout dans le monde. Qui peut contester que les vues du général de Gaulle étaient prémonitoires, vis-à-vis de la Chine, sur la guerre du Vietnam, ou encore sur les conséquences désastreuses de l’occupation des territoires palestiniens pour Israël ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est à près d’un demi-siècle de politique étrangère indépendante, ou en tout cas relativement indépendante, que M. Sarkozy va mettre fin, et il le fera au plus mauvais moment, au nom de cette théorie erronée et dangereuse que j’ai appelée « l’occidentalocentrisme ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est bien vrai que les pays du Sud ont généralement en commun le fait d’avoir été à un moment ou à un autre colonisés par tel ou tel pays européen. Mais faut-il figer et perpétuer cette opposition Nord-Sud qui fait l’impasse sur la diversité des civilisations et des nations au Sud comme au Nord ? Qui ne voit le danger d’un tel manichéisme qui coaliserait le Nord contre le Sud et réciproquement, les pays du Sud contre un Occident blanc replié sur lui-même ou théorisant la guerre-préventive, ou pourquoi pas la possibilité de l’emploi en premier de l’arme nucléaire, comme on l’a vu faire récemment par cinq anciens chefs d’Etat-Major, dont l’Amiral Lanxade pour la France ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette idéologie occidentalocentriste est dangereuse pour la paix. Elle est dangereuse pour l’Europe au sein de laquelle la France affirmait traditionnellement une certaine volonté d’autonomie, pour le bien des autres autant que pour le sien propre. Elle est dangereuse enfin pour la France qui ne peut méconnaître sans graves conséquences à la fois le centre de gravité de ses intérêts et sa vocation universelle. Cette idéologie occidentalocentriste n’épargne malheureusement pas des secteurs importants de la gauche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’idéologie des droits de l’homme, déconnectés des droits des citoyens, constitue une couverture commode pour toutes les dérives expéditionnaires et nous devrions davantage prêter l’oreille à ceux qui, au Sud, voient dans le « devoir d’ingérence » professé par Bernard Kouchner la résurgence d’un état d’esprit colonial ou néocolonial.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je vais prendre quatre exemples qui ne m’éloigneront qu’en apparence du sujet de notre Université d’été qui est – je le rappelle – la refondation républicaine de la gauche. Celle-ci en effet ne sera possible que si la gauche rompt avec l’occidentalocentrisme et renoue avec l’universalisme républicain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1. Premier exemple : Etait-il bien judicieux, en septembre 2007, à la Conférence des Ambassadeurs, d’évoquer, comme l’ont fait Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner, l’imminence d’une guerre avec l’Iran, alors que Barak Obama, s’il est élu en novembre prochain, évoque publiquement l’idée d’une négociation entre les Etats-Unis et ce pays ? Les expéditions militaires desservent la cause de la non-prolifération nucléaire parce qu’elles donnent un argument de poids aux pays qui veulent se doter d’une arme atomique. L’alignement français sur les positions de M. Bush a évidemment nui à nos intérêts et à notre image dans le monde.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2. Deuxième exemple : L’Afghanistan. Le Président de la République a renforcé notre contingent militaire et étendu ses missions, contre la meilleure intuition du candidat Sarkozy qui ne jugeait pas la contribution de nos forces « décisive » pour la solution du problème afghan. Nous voilà aujourd’hui embarqués dans une croisade pour les valeurs démocratiques, au nom d’une « guerre contre la terreur » proclamée par le Président Bush, concept extrêmement flou qui n’opère pas la distinction nécessaire entre Al Quaïda et les tribus pachtounes qui représentent plus de la moitié des Afghans. L’idée qu’on puisse faire passer l’Afghanistan du Moyen Age au XXIe siècle à coup de bombes plus ou moins téléguidées est évidemment absurde. Les guérillas auxquelles les forces de l’OTAN sont affrontées n’ont pour la plupart rien à voir avec Ben Laden. On ne fera rien en Afghanistan sans s’appuyer d’abord sur le peuple afghan. En attendant, voici nos forces enlisées derrière celles des Etats-Unis dans une zone géographique qui n’a jamais correspondu à nos intérêts géopolitiques, et associées à l’idée pernicieuse d’une « guerre des civilisations ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3. Troisième théâtre : La Géorgie et le Caucase. On ne peut traiter de cette question complexe en faisant comme si la politique américaine dans cette région n’avait pas pesé lourdement dans le contentieux entre la Géorgie et la Russie et comme si l’Europe n’avait pas des intérêts propres distincts de ceux des Etats-Unis. Le partenariat stratégique avec la Russie est évidemment un enjeu décisif pour l’autonomie de notre continent et pas seulement sur le plan énergétique. Ce qui est en jeu c’est l’autonomie politique de l’Europe et sa capacité à s’affirmer comme un pôle autonome dans le monde de demain. Certes la reconnaissance par la Russie de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie est contraire au droit international mais celle du Kosovo par les Etats-Unis et la plupart des pays de l’Union européenne, ce printemps, ne l’était pas moins. La crise géorgienne démontre la folie que serait une extension de l’OTAN à la Géorgie et à l’Ukraine et l’inconséquence d’un retour de la France dans les structures militaires intégrées de l’OTAN.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4. Ce retour dans l’organisation militaire intégrée de l’OTAN serait une quatrième erreur. Une nouvelle guerre froide diviserait notre continent. Elle peut arranger les Etats-Unis : Samuel Huntington dans « Le clash des civilisations », en 1994, n’avait pas dessiné par hasard une frontière entre une soi-disant « civilisation occidentale » et une soi-disant « civilisation orthodoxe ». « Diviser pour mieux régner » a toujours été l’adage des puissances dominantes. Mais les intérêts prioritaires de la France ne sont pas en Mer Noire et encore moins en Caspienne ou en Asie Centrale. Ils sont d’abord là où nous sommes, c’est-à-dire en Europe. Il est dangereux de se laisser entraîner trop loin du centre de gravité de ses intérêts. Il faut accepter que les valeurs universelles de la République puissent être défendues de manière différente selon qu’elles engagent ou non les intérêts fondamentaux du pays. La première mondialisation a sombré dans la première guerre mondiale que la mécanique d’alliances trop rigides a rendue inévitable. Evitons qu’il en aille ainsi de l’actuelle mondialisation américaine et que la France par le biais de l’OTAN ne soit de plus en plus entraînée selon l’expression du Général de Gaulle « dans des guerres qui ne sont pas les siennes ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
VI – La gauche et la nation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question de l’intérêt national est évidemment au cœur des débats de la gauche. Il y a ceux pour lesquels cette question existe et ceux qui, par légèreté et inconséquence, selon moi, font comme si elle n’existait pas. Je propose donc que la question de la nation républicaine soit mise au cœur du débat sur la refondation de la gauche. Elle sera ainsi fidèle à la pensée de Jaurès. Elle transcendera des clivages dépassés. Clémenceau a été l’homme de la France, mais il était aussi un homme de gauche, et on ne peut plus le démoniser aujourd’hui qu’au nom d’un révolutionnarisme dépassé, comme l’a très bien montré Michel Winnock dans la biographie qu’il lui a consacré. Et De Gaulle, qui se voulait « l’homme de la nation », qui peut contester que la France lui doit, en 1944-45, les avancées sociales les plus décisives qu’elle ait jamais connues ? La gauche, si elle veut devenir hégémonique en France, au plan des idées, doit rompre avec le sectarisme de vues étriquées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle doit à la fois rassembler et renouer avec les couches populaires dont le patriotisme n’est pas éteint. Ringardise ? Non ! Le patriotisme défini comme l’amour des siens, à la différence du nationalisme qui est la haine des autres, est nécessaire à la renaissance du civisme ! Le sentiment d’appartenance à une identité collective forte est indispensable à l’acceptation de règles définies en commun.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre pays vit une grave crise de société et d’identité. Il doit réapprendre à s’aimer et il ne pourra s’aimer qu’en parlant librement aux autres. La France d’aujourd’hui ne tient plus par grand-chose, sinon par ce qui reste du service public et par l’exceptionnel maillage démocratique de ses communes. Mais combien cela est fragile !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
VII – Une gauche de projet&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est donc d’un sursaut civique et démocratique que peut procéder le redressement. Ce redressement est la tâche qui incombe à une gauche refondée. Si la gauche n’est pas capable de concevoir ce sursaut salvateur, elle ne reviendra pas au pouvoir en 2012, car il ne faut pas sous-estimer Nicolas Sarkozy ou tomber dans un antisarkozysme primaire ; la gauche a besoin d’un projet solide s’inscrivant dans une vision d’avenir et non d’une opposition systématique et quasi pavlovienne qui ferait seulement voir l’inconsistance de ses positions de fond. Je ne prendrai qu’un exemple qui paraîtra mineur : je suggère que nous réfléchissions objectivement sur le RSA (revenu social d’activité). Il est évident que les titulaires du RMI doivent trouver un avantage financier substantiel pour travailler à nouveau. Sinon que répondre à ceux qui vous disent : « Je perdrais de l’argent en reprenant une activité » ? Il ne m’échappe pas que le RSA peut encourager le travail à temps partiel mais le travail à temps partiel a un effet de socialisation et vaut mieux en définitive que l’inactivité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, le mode de financement, c’est-à-dire la taxation des revenus du capital, va dans le sens que nous avons toujours souhaité, même s’il ne remet pas en cause un « paquet fiscal » que nous avons critiqué en son temps. A ma connaissance il n’a jamais été envisagé à ce jour de faire passer à la caisse les collectivités locales et nous y serions évidemment opposés. Il me semble que dans notre manière de nous opposer, il doit y avoir une préfiguration de ce que sera notre action future. Si nous disons non à tout, c’est qu’en fait nous ne proposons rien. Soyons donc capables de dire oui à ce que nous réclamons nous-mêmes et mettons quelquefois en œuvre dans certains départements.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Refusons la démagogie et travaillons dès maintenant à construire une opposition responsable. La responsabilité n’est nullement exclusive d’une grande ambition.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
VIII – Une refondation à la fois nationale, européenne et mondiale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’en viens aux perspectives de la refondation de la gauche. Le débat sur ce sujet ne fait que commencer. Je n’ignore rien des rivalités de boutique et des objections que suscite la création d’un grand parti de toute la gauche. Il faut un évènement qui fasse électrochoc. Nous avons des divergences ? La belle affaire ! Elles peuvent, je le crois, se régler par le débat dès lors que les questions de fond auront été abordées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Permettez-moi d’abord une observation : Le parti socialiste est certes la formation la plus nombreuse à gauche, mais elle est loin d’être majoritaire dans le pays. Et il ne lui sert à rien de dominer à gauche, si la gauche est durablement confinée dans l’opposition. Il faut un électrochoc ! Peu importe, à la limite, la structure : nouvelle formation, fédération, confédération. Ce qui est important c’est d’affirmer un dessein pour la France, c’est d’organiser le retour de la France en Europe et dans le monde. C’est ce débat-là qu’il faut lancer, sur le fond des choses ! La crise de la globalisation libérale nous offre la chance de proposer ce nouveau dessein :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Refondation des institutions internationales pour un monde multipolaire et pacifique, régi par le droit.&lt;br /&gt;
- Organisation d’un nouveau « New-Deal » à l’échelle mondiale pour concilier le progrès social dans les anciens pays industriels, l’émergence des grands pays du Sud et la construction d’Etats dignes de ce nom, dans les pays qu’on dit « les moins avancés ».&lt;br /&gt;
- Réorientation de la construction européenne au plan monétaire, industriel et social, ce qui implique un changement de cap politique en Allemagne, auquel la gauche française devrait s’intéresser davantage. Nous avons une occasion historique de refonder la gauche à la fois au niveau français, européen et mondial. Prenons pleinement conscience de l’épuisement du capitalisme financier qui a été l’horizon de toutes les politiques économiques depuis vingt-cinq ans. La négligence des questions industrielles, sociales, environnementales aussi bien que des enjeux de long terme que seuls les Etats peuvent maîtriser, ne peut plus durer ! L’OMC doit être cantonnée à un rôle d’arbitre entre plusieurs zones régionales d’intégration commerciale. Les déséquilibres sociaux, environnementaux et monétaires doivent être pris en compte dans les règles du commerce international. A défaut, l’Union européenne doit rétablir une préférence communautaire. Le FMI doit être absorbé dans la Banque Mondiale qui doit financer les infrastructures des pays les plus pauvres, à commencer par l’Afrique. Les statuts de la BCE doivent être modifiés, un gouvernement économique de la zone euro institué. Le paquet fiscal doit être abrogé. Les ressources dégagées iront aux investissements nécessaires dans l’économie de la connaissance. L’encadrement législatif des relations sociales doit veiller au rôle des représentants des salariés. Bref, la gauche doit changer d’horizon, et s’affranchir du capital financier.&lt;br /&gt;
- Enfin en France même elle doit susciter une renaissance républicaine, comme celles que notre pays a connues à la fin du XIXe siècle ou après la deuxième guerre mondiale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
IX – Des primaires à gauche&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Faisons d’abord lever ce débat ! la Fédération ou la Confédération de toute la gauche n’organiserait-elle pas de vastes primaires à gauche en 2011, largement ouvertes à tous les militants et sympathisants ? J’entends dire que cette ouverture qui réussit assez bien aux Etats-Unis ferait perdre au parti socialiste son rôle directeur. Mais c’est une vue étroite des choses. Il faut sortir de l’esprit de boutique et parler au pays. Je crois que celui-ci est prêt à entendre un langage audacieux qui lui apprendrait à penser à nouveau collectivement et à comprendre ce que le mot « peuple » veut dire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce que le regard collectif a défait, comme l’a montré Patrick Quinqueton, la « classe ouvrière », le « citoyen », le regard collectif doit le retrouver : le « peuple en corps », c’est-à-dire l’ensemble des citoyens, à nouveau convoqués à l’existence politique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est cela que nous avons à réinventer : « le peuple français » d’abord mais aussi le peuple français s’adressant à une Europe des peuples, capable d’exister par elle-même et de parler au monde entier ; c’est cette ambition et le regard qui manquent aujourd’hui à la gauche. Il est temps de les lui redonner. Nous n’y parviendrons pas seuls, mais au moins nous pouvons, seuls s’il le faut, témoigner de cette exigence !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous aiderons ainsi le peuple français à se retrouver et à poursuivre son Histoire, dans une Europe renouvelée, une Europe des peuples, qui pourra, elle, être aussi un pôle dans le monde de demain, un pôle nécessaire, indispensable au dialogue des nations et des cultures. Voilà un projet exaltant et réaliste à la fois. Il faudra l’incarner car nous ne pouvons pas laisser plus longtemps la gauche en déshérence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Courage donc camarades, imagination et détermination ! Croyons en la France, croyons en notre capacité d’action collective, croyons en l’avenir du peuple français ! &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jean-Pierre Chevènement &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(1)    Les dernières lignes de LA REPUBLIQUE EXPLIQUEE A MA FILLE . &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Régis Debray. Seuil 1998 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(2) Texte aimablement transmis par : http://www.mrc38.com/ </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://ump.blogs.letelegramme.com/archive/2008/10/08/privatisation-pompe-a-pognon-non-a-la-privatisation.html</guid> <title>Privatisation, pompe à pognon : NON A LA PRIVATISATION</title> <link>http://ump.blogs.letelegramme.com/archive/2008/10/08/privatisation-pompe-a-pognon-non-a-la-privatisation.html</link> <author>noreply@blogs.letelegramme.com (Frédéric Maurin)</author>  <pubDate>Wed,  8 Oct 2008 19:40:00 +0200</pubDate> <description> Je me répète, mais la nature de la politique de Sarkozy a été dévoilée par un idéologue du MEDEF : il s'agit de  &quot;défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance&quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Revoir à ce propos:  http://rupturetranquille.over-blog.com/article-7195117.html &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parmi les socles du programme économique et social du CNR figurent, en bonne place, la Sécurité sociale dans toutes ses dimensions (retraite, santé, famille et emploi) et les services publics. L’idée de services publics ne date pas de la résistance à la barbarie nazie, comme en témoigne ce texte de Jaurès : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il y a pour la classe ouvrière tout entière un intérêt vital à ce que des services publics démocratiquement gérés se substituent aux monopoles capitalistes et à ce qu’ils fonctionnent excellemment. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’abord, les travailleurs y peuvent conquérir, pour eux-mêmes, plus de garanties. Dans une démocratie, l’Etat, si bourgeois qu’il soit encore, ne peut pas méconnaître les droits et les intérêts des salariés aussi pleinement et cyniquement que les monopoles privés. (...) Le Parlement a intérêt, pour la transformation de la société capitaliste en société socialiste, à ce que de grands services publics, administrés selon des règles de démocratie et avec une large participation de la classe ouvrière à la direction et au contrôle, fonctionnent puissamment. Les services publics démocratisés peuvent et doivent avoir ce triple effet d’amoindrir la puissance du capitalisme, de donner aux prolétaires plus de garanties et une force plus directe de revendication, et de développer en eux, en retour des garanties conquises, ce zèle du bien public qui est une première forme de la moralité socialiste et la condition même de l’avènement d’un ordre nouveau. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Que les prolétaires défendent donc vigoureusement les services publics contre les campagnes systématiques de la presse bourgeoise, et contre les déceptions que produit dans la classe ouvrière elle-même une première application maladroite et arrogamment bureaucratique du régime de la nationalisation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu’ils ne livrent pas l’Etat aux oligarchies ; mais qu’ils s’efforcent, en élargissant le domaine de l’Etat, d’accroître leur action dans l’Etat et sur I’Etat par le développement de leur organisation syndicale et de leur puissance politique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a là un élément nécessaire de la politique d’action de vaste et profonde « réalisation » que le Parti socialiste sera tenu de proposer à la démocratie française à mesure que le radicalisme décomposé manifestera son impuissance essentielle. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jean Jaurès, Directeur de l’Humanité &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 février 1911 (Quand Sarkozy cite Jaurès le temps d'une campagne électorale, il y a quelque chose qui sonne faux, non?) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et, parmi les services publics, il y a La Poste qui connaît, ce 23 septembre 2008, un mouvement de grève qui recueille un écho inédit. Car, tout à sa besogne de privatisation des profits, le gouvernement Sarkozy envisage de privatiser La Poste. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Commençons donc par le point de vue d’un usager:http://dominikvallet.over-blog.com/article-22952823.html . Désolé, c’est pas du Jaurès…mais c’est du vécu en 2008. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Continuons par cette analyse de l’association Attac, qui situe bien les enjeux... &lt;br /&gt;
Privatisation de La Poste : toute la population a le droit de dire NON &lt;br /&gt;
Le gouvernement est gêné par le début de mobilisation et par les prises de positions très larges contre cette nouvelle privatisation et en faveur d’un référendum. De plus, la crise financière et les menaces de faillites qui font courir le gouvernement américain au secours des grands groupes privés, constituent un arrière-plan difficile pour convaincre du bien-fondé d’un tel projet. &lt;br /&gt;
Le Président Sarkozy, prompt à la manœuvre, tente de mettre en place un contre-feu par la constitution d’une énième commission dans laquelle les citoyens ne sont même pas représentés. Celle-ci devra rendre ses conclusions le 20 novembre. Le calendrier initial n’est pour l’instant pas remis en cause. Une loi est prévue au début 2009 qui transposerait la directive postale européenne et ouvrirait le capital en transformant l’entreprise en Société Anonyme (SA). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 L’Union Européenne (UE) patronne ces décisions de privatisation les unes après les autres &lt;br /&gt;
Transport aérien, rail, énergie, télécommunications, postes... tout est organisé pour remettre en cause les droits des populations à des biens publics. La concurrence généralisée multiplie les offres marchandes mais remet en cause l’égalité d’accès aux services et fait monter les prix des services de base. La concurrence dans le domaine postal a déjà produit de nombreux effets :&lt;br /&gt;
 hausse des tarifs et baisse de la qualité de la distribution des colis ;&lt;br /&gt;
 dégradation des distributions de courrier sous l’effet des exigences de productivité, et filialisation de la distribution de la presse ;&lt;br /&gt;
 banalisation du Livret A avec la volonté de détourner l’épargne populaire de son affectation actuelle pour financer le logement social ;&lt;br /&gt;
 séparation de la Banque postale pour en faire une banque comme une autre et menace sur le droit aux services bancaires pour les populations les plus pauvres ;&lt;br /&gt;
 dégradation des conditions d’accès pour le public et fermeture de nombreux bureaux de poste, désastreuses, notamment dans le monde rural et les quartiers défavorisés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette politique est celle que prône l’UE depuis vingt-cinq ans. Pendant ce temps, le recul des services publics contribue à l’augmentation des inégalités et à l’appauvrissement. Des populations entières sont dépossédées de services au nom du sacro-saint besoin de rentabilité à 2 chiffres des multinationales. Quelle place auront demain, dans un tel système, l’égalité d’accès des individus, l’accès des plus pauvres au service bancaire et l’aménagement du territoire ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 L’enseignement majeur de la crise financière : ne les laissons pas faire ! &lt;br /&gt;
La privatisation nous amène sur une voie terriblement dangereuse. L’ouverture du capital même minoritaire organise la pression de capitaux privés dont les exigences de rentabilité sont contradictoires avec les missions de service public. La crise financière montre à quel point le marché est aveugle sur les risques, à partir du moment où les profits escomptés sont alléchants. Vouloir organiser aujourd’hui le transfert de l’épargne placée sur le Livret A qui sert à la construction du logement social, vers des produits financiers plus classiques est tout simplement criminel. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En quelques années, le secteur des télécommunications dans tous les pays est passé en totalité sous la coupe des capitaux privés. L’euphorie de la bulle financière dans les années 2000 a été suivie d’une grande dégringolade qui a mis en faillite de nombreuses entreprises. Et les suppressions d’emplois accompagnent, depuis, la construction de multinationales gigantesques. Un pays comme l’Italie est menacé de perdre aujourd’hui son entreprise de transport aérien et son opérateur historique de télécommunications qui seraient rachetés par des sociétés privées possiblement étrangères. La banque postale allemande vient d’être rachetée par une grande banque allemande. L’entreprise postale hollandaise TNT a menacé de se retirer du marché allemand si un salaire minimum était mis en place pour les postiers allemands... C’est bien cette évolution et ces menaces qui sont aujourd’hui rendues possibles avec une ouverture du capital de La Poste &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 La Poste, un bien qui doit rester public &lt;br /&gt;
Voilà les raisons qui amènent Attac à s’engager dans le collectif national contre la privatisation de La Poste. Cette question, concerne en tout premier lieu les salarié-es de La Poste, mais pas exclusivement. Dans un village, un quartier, la poste est une pièce essentielle de la vie sociale et du lien communautaire, comme l’est l’école ou un moyen de transport collectif. Livrer La Poste aux intérêts financiers c’est menacer à court terme notre environnement social. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 La privatisation de trop ! Exigeons un référendum ! &lt;br /&gt;
Depuis cette annonce, nombreux sont celles et ceux, dans les associations de consommateurs, organisations syndicales, collectivités locales, journaux, partis politiques qui pensent que c’en est assez et que nous devons nous unir pour arrêter cette machine infernale à remettre en cause les droits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La privatisation de la poste est notre affaire à tous. Après une commission sur l’eau, sur l’audiovisuel, sur l’électricité, nous ne nous contenterons pas de la commission sur La Poste inventée par les équipes de communication de Nicolas Sarkozy. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Extrait du site : http://www.france.attac.org/ &lt;br /&gt;
  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et revenons au texte d’appel à cette journée :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&quot; Les organisations syndicales, politiques et associatives signataires affirment que le service public postal appartient à tous les citoyens, c'est pourquoi elles demandent l'organisation d'un vrai débat public permettant l'implication des citoyens. Ils doivent pouvoir décider de l'avenir de La Poste par un référendum. Sacrifiant l'intérêt général à l'aventure spéculative, le Gouvernement soutient le projet, annoncé brutalement début juillet, de transformation de La Poste en société anonyme et d'ouverture de son capital. Quand on regarde ce qui s'est déjà passé en France, notamment avec France Télécom, EDF et GDF, ainsi qu'à l'étranger, cela s'appelle une privatisation. Nous la refusons! Il s'agit d'une offensive sans précédent contre « le noyau dur du service public ». C'est une attaque contre un symbole cher à l'ensemble de la population. C'est une attaque contre une réalité vécue, celle d'un service ouvert à tous, efficace, garant de proximité et jouant un rôle social essentiel. Que deviendraient les plus fragiles ou les plus isolés de nos concitoyens en cas de banalisation de La Banque Postale, de réduction de tournées de facteurs, de fermeture massive de bureaux de poste ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'ensemble des organisations syndicales, politiques et associatives signataires : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
entendent s'opposer résolument à la privatisation de La Poste.La mobilisation de toutes et de tous doit contraindre le Gouvernement à y renoncer. &lt;br /&gt;
exigent que le service public soit maintenu, modernisé et rénové afin de répondre aux besoins de la population sur l'ensemble du territoire. &lt;br /&gt;
La Poste ne doit pas être une entreprise comme les autres. Sa vocation première, sa raison d'être c'est le service public. La Poste est un « service public national » qui est « la propriété de la collectivité », selon le préambule de la Constitution. Ce même texte définit l'égalité des droits et des devoirs, sans distinction d'origine ni de religion. Pour tous et partout, le droit à la communication, le droit à l'adresse, le droit au compte et l'accessibilité bancaire doivent figurer au premier rang des missions de La Poste. Il est impensable que l'on puisse décider de son avenir, de la transformer radicalement sans consulter ses véritables propriétaires, les citoyens ! &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur ce sujet vital, la réflexion et la décision ne peuvent être réservées à tel ou tel cercle, aussi avisé qu'il se prétende. Il est légitime que la population, élargissant ainsi les nécessaires mobilisations des postières et des postiers, puisse débattre largement et s'exprimer directement. Si la démocratie c'est la liberté de choisir, encore faut-il que le choix soit possible. Il est juste que les citoyens, propriétaires et usagers de La Poste, les élus locaux et le monde associatif et bien sûr les postières et les postiers et leurs syndicats puissent défendre leur conception du service public. Ils sont, au-delà de la critique, à même de proposer une voie alternative à celle qu'on cherche à leur imposer au nom d'une prétendue fatalité. D'autant que, partout en Europe et dans le monde, les privatisations postales ont engendré baisse de qualité de service, augmentation des tarifs et destructions d'emplois. L'article 11 de la Constitution révisée ouvre le droit d'initiative citoyenne. Les citoyens doivent pouvoir décider de l'avenir de La Poste par référendum. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est pourquoi nous créons le Comité national de mobilisation contre la privatisation de La Poste, pour l'ouverture d'un débat public et un référendum sur le service public postal. Ce Comité est constitué des représentants des organisations syndicales, politiques et associatives déjà signataires et à venir. Il appelle à créer dans tout le pays des comités locaux, ayant pour but de rassembler toutes celles et tous ceux qui souhaitent atteindre ces objectifs.&quot; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lundi 15 septembre 2008&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Premiers signataires : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CFTC PTT, Confédération CFTC, CGT FAPT, CGT Finances, Confédération CGT, FO Communication, Confédération FO, Sud PTT, FSU, Solidaires, Forces Militantes, LCR, MARS Gauche Républicaine, MJS, MRC, PCF, PS, Les Verts, Les Alternatifs, Alternative Libertaire, Association FO Consommateurs, ATTAC, Convergence (Collectifs de Défense et de développement des services publics), CN des Collectifs Unitaires pour une Alternative au Libéralisme, DAL, PRS, Fondation Copernic, INDECOSA &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CGT, Initiative pour un Autre Monde, Marches Européennes, MPEP, Réseau Européen des Missions Publiques, Résistance Sociale, UFAL, ANECR, MJCF, Délégation Française de la GUE (Gauche Unie Européenne).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il me semble qu’aujourd’hui cet appel a été entendu. Et il me semble aussi qu’au cas où il ne serait pas écouté à l’Elysée, des citoyens, beaucoup plus nombreux, seraient tentés de parler beaucoup plus fort. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A bon entendeur… </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://ump.blogs.letelegramme.com/archive/2008/10/08/adolphe-thiers-ou-robespierre.html</guid> <title>Adolphe THIERS ou Robespierre ?</title> <link>http://ump.blogs.letelegramme.com/archive/2008/10/08/adolphe-thiers-ou-robespierre.html</link> <author>noreply@blogs.letelegramme.com (Frédéric Maurin)</author>   <category>Actualités</category>   <pubDate>Wed,  8 Oct 2008 19:35:00 +0200</pubDate> <description> Résistants communistes et patriotes, Jean Jaurès, le Front populaire…on se souvient que Nicolas Sarkozy a été élu en utilisant des grandes figures de la gauche. Mais il s’est bien gardé de voler celle de Robespierre. Peut-être un mauvais souvenir ou, qui sait, un mauvais pressentiment ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quoiqu’il en soit, la démarche suivante pour un lieu public « Robespierre » à Paris est de nature à réparer une amnésie qui, hélas, ne frappe pas qu’à l’UMP… &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;strong&gt;APPEL POUR UN LIEU PUBLIC « ROBESPIERRE »  A PARIS &lt;/strong&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;
  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis plusieurs années, la Mairie de Paris mène une politique active et audacieuse sur la dénomination des lieux publics de la Capitale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par définition, cette politique suscite débat. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La dénomination de ces lieux publics (rues, places, voies etc) est diverse, voire hétérogène. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rappelons ainsi certains noms &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général pacifiste et parachutiste Jacques Pâris de la Bollardière &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’écrivain Romain Gary &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’émir Abd-el-Kader &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’espalanade du « 9 novembre 1989 » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Theodor Herzl, fondateur du sionisme &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Célestin Hennion, préfet de police de Paris sous Clémenceau &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jean Paul II &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et bien d’autres. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour le moins, certaines de ces dénominations ont suscité controverses. Mais, la Mairie de Paris a décidé de dénommer ainsi ces lieux publics. Elle a donc choisi et tranché, sans rechigner à la polémique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous ne contestons pas les prérogatives d’un Maire, d’une Mairie, d’une Commune, à partir du moment où les choix s’inscrivent dans les valeurs fondamentales de la République : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Liberté, égalité, fraternité » et dans le préambule de la Constitution de 1946, repris en 1958 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La France est une république démocratique, laïque et sociale ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 C’est dans le cadre de ces prérogatives et de ces valeurs que les soussignés demandent à la Mairie de Paris de nommer un lieu public « Robespierre ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous ne demandons pas à la Mairie de Paris de partager l’appréciation qui est à la nôtre concernant Maximilien Robespierre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour nous, initiateurs de cette demande, Robespierre eut, entre autres mérites, d’être  : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celui qui agit pour que la devise « Liberté, Egalité » soit complétée par « Fraternité », devise qui devint celle de la République, jusqu’à nos jours. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celui qui combattit pour l’abolition de l’esclavage et l’obtint &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celui qui, le premier comme responsable politique, se prononça pour l’abolition de la peine de mort &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celui qui instaura le « maximum » des prix, ce qui dans les temps que nous connaissons, n’est ni une utopie ni un fantasme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celui qui agit pour la Constitution de 1793, première Constitution républicaine de notre pays &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celui qui entra au Comité de salut public en juillet 1793 pour en sortir à sa mort, la Révolution sauvée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celui qui resta dans le cœur et dans la mémoire des hommes comme « l’Incorruptible », et à ce titre salué par tant de républicains, au nombre desquels nous ne mentionnerons que Jean Jaurès. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celui qui fut un des fondateurs de la République. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celui qui définit la République comme « une et indivisible ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celui qui se prononça contre la guerre et contre le militarisme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Répétons-le, ces mérites que nous reconnaissons à Maximilien Robespierre, comme les mérites que nous reconnaissons à d’autres personnages historiques de la Révolution française, également fondateurs de la République et porteurs de ses valeurs, nous ne demandons à personne d’autre qu’à nous mêmes l’honneur de les porter. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous demandons, en toute justice, que le nom de Robespierre soit officiellement inscrit dans le patrimoine topographique de la capitale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour signer cette pétition, adressez vos nom, prénom qualité et adresse électronique à : irelp@laposte.net &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Premiers signataires &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ANTONINI Bruno, professeur de philosophie -  AURIGNY Michel, Président de l'Association des Amis de Gracchus Babeuf - BELLON André, ancien député - BIANCHI Serge, Professeur émérite des Universités - BLONDEL Marc, Président de la Fédération Nationale de la Libre Pensée - BRUNEL Françoise, maître de conférences d’histoire, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne -  CAZALS Rémy, Professeur émérite d'Histoire, Univ, Toulouse le Mirail -CHAVINIER Pierre, Maire-adjoint de Boissy Saint-Léger (94) - DELPONT Hubert, Docteur en histoire DUBOIS Claude, syndicaliste (75)  - ELIARD Michel, professeur émérite, sociologie Univ, Toulouse-le Mirail -  EYSCHEN Christain, secrétaire général de Fédération Nationale de la Libre Pensée -  FOUCAULT Didier, Maître de conférences d'histoire, Univ, Toulouse Le Mirail - GAINOT Bernard, Maître de Conférences Paris I -  GAVOIS Marc Olivier, historien - GOUSSOT Dominique, libre-penseur - GRANDAZZI François, libre-penseur, syndicaliste - IAFELICE Michel, historien -  LACROIX-RIZ Annie, Professeur Université Paris VII - LAFOUGE Jacques, franc-maçon et libre penseur - LANDRON Michel, syndicaliste enseignant -  LE FUR  Catherine, Libre-Pensée (75) -  MARIE Jean-Jacques, historien - MARIE - SCHWARTZENBERG Nadine, attachée de recherches au CNRS MARSOT Bruno, libre-penseur, fédération de la Côte d'Or - MAZAURIC Claude, Professeur émérite des Universités - PENA-RUIZ Henri, universitaire -  PERRON-BOSSUT Nicole, historienne, libre-penseuse -  PICQUIER Marcel, président de l'Association lyonnaise des amis d 'Etienne Dolet -  ROY Pierre, historien, responsable d'association pacifiste - SALAMERO Evelyne, Libre-Pensée (75) -  SCHIAPPA Jean-Marc, Président de l’IRELP (Institut de Recherches et d’Etudes de la Libre Pensée) -  SCOT Jean-Paul, Universitaire - SINGER Claude, syndicaliste, directeur de L'Idée Libre -  VIOLET  Paul, Ancien Maire-Adjoint de Paris (1983-1995) -YON André, Maire-adjoint de Boissy Saint-Léger (94) </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://ump.blogs.letelegramme.com/archive/2008/09/17/quoi-de-neuf-a-gauche.html</guid> <title>Quoi de neuf à gauche ?</title> <link>http://ump.blogs.letelegramme.com/archive/2008/09/17/quoi-de-neuf-a-gauche.html</link> <author>noreply@blogs.letelegramme.com (Frédéric Maurin)</author>  <pubDate>Thu, 18 Sep 2008 00:00:00 +0200</pubDate> <description> &lt;em&gt;A la question « Quoi de neuf à gauche? », on se sent forcé de parler du Parti Socialiste. Eh bien, je vais le faire ! Et en quatre lignes s’il vous plaît : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;« Il n’est pas de sauveurs suprêmes :&lt;br /&gt;
Ni dieu, ni césar, ni tribun,&lt;br /&gt;
Producteurs, sauvons-nous nous-mêmes !&lt;br /&gt;
Décrétons le salut commun ! »&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La chanson date un peu (composée en juin 1871, en pleine répression de la Commune de Paris), mais elle correspond à mon sens parfaitement à la question de savoir qui dirigera le Parti Socialiste et qui sera son candidat en 2012. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette question étant réglée, on peut éteindre la télé pour allumer son cerveau, sans craindre de rater quelque chose d’important. On commence alors à  « travailler moins pour lire plus. »   On peut y parvenir dans le cadre d’une riposte sociale à la hauteur, « Tous ensemble et en même temps. Certains y travaillent ici : &lt;br /&gt;
http://www.conseilnationaldelaresistance.fr/ &lt;br /&gt;
C’est aussi la vertu des quelques heures arrachées à la production-consommation routinière ; j’entends par ici y compris la consommation de spectacles. Cela arrive lors de certaines « universités » d’été ou d’autres « fêtes » de l’Humanité. Et cela peut donner ce qui suit... &lt;br /&gt;
(maintenant, respirez et prenez votre temps) &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La gauche dans la décomposition sociale &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Intervention d'Anicet Le Pors, ancien ministre, Université d'été du MRC, Belfort, 6 septembre 2008. &lt;br /&gt;
Proposer comme premier thème de cette rencontre l'analyse de « l'état de la gauche » depuis un quart de siècle me conduit à trois remarques préliminaires. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Premièrement, la situation de crise – plutôt de décomposition sociale – ne concerne pas spécifiquement la gauche mais la société tout entière ; accréditer l'idée que les difficultés de la gauche devraient être recherchées essentiellement et prioritairement en son sein relèverait, à mon avis d'une démarche erronée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Deuxièmement, l'analyse ne doit pas être centrée sur les organisations, les appareils, les stratégies d'alliances qui m'apparaissent secondaires et dérisoires, mais sur les causes de la décomposition et les conditions de la recomposition sociale, ce qui ne correspond ni aux mêmes préoccupations ni aux mêmes échéances. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Troisièmement, il faut se garder de plaquer des grilles de lecture anciennes sur les réalités nouvelles – a fortiori sur les perspectives – l'histoire ne se développe pas de manière linéaire, mais de plus en plus sur le mode aléatoire, animée par des contradictions fortes et multiples qui valorisent l'événement, même si on peut continuer de penser qu'en définitive ce sont les hommes et les femmes qui font l'histoire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
J'essaie par conséquent de placer l'analyse sur les questions fondamentales du mouvement historique, sur le très long terme et en m'attachant spécialement à ce qui est nouveau dans ce mouvement. Pour me faire comprendre plus simplement : en recherche de l'essentiel, je n'évoquerai pas les élections présidentielles de 2012. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À quel moment de l'histoire sommes-nous ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Je n'ai évidemment pas la prétention d'apporter une réponse à cette question. Je veux seulement souligner qu'elle est primordiale et qu'elle doit donc constituer le point de départ de tout raisonnement politique sur l'état actuel de la société et, partant, sur les réponses à apporter.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce qui me concerne, cela me conduit à opérer un retour aux sources et à m'interroger sur ce qui a été longtemps le fond idéologique de mes convictions : le séquençage qu'opérait le matérialisme historique sur la base de l'analyse marxiste des rapports et des modes de production qui définissait un sens de l'histoire inéluctable faisant se succéder : féodalisme, capitalisme, socialisme et communisme. Cette vision quelque peu dogmatique et insuffisante avait au moins le mérite d'obliger à caractériser chacune de ces étapes, ce qui conduisait à distinguer les différents sous-modèles du capitalisme (de concurrence, de monopole, monopoliste d'État – le CME), et à dire en quoi consistait le socialisme avec notamment la condition nécessaire sinon suffisante de la propriété publique des grands moyens de production, d'échange et de financement. La question qui se pose aujourd'hui est : quelle part de validité conserve cette analyse à laquelle bien peu, à gauche, font aujourd'hui référence ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
De nombreux auteurs ont situé leur analyse en longue période. Je laisse de côté les « déclinologues » aux objectifs trop évidemment intéressés. Je ne retiens pas non plus La fin de l'histoire de Francis Fukuyama (1), et Le choc des civilisations de Samuel Huntington par trop instrumentalisés (2), pour leur préférer Marcel Gauchet. L'auteur du Désenchantement du monde nous propose une interprétation qui me semble pouvoir nous être plus utile. Il ne procède pas à un découpage de l'histoire en périodes successives, mais il tente d'identifier des mouvements qui se superposent, des traits de la période précédente persistant dans la période suivante. Le sens général consiste en un passage de l'hétéronomie (une société sacralisée par le droit divin) à l'autonomie (par émergence et affirmation des droits individuels et de l'État). Il périodise le long effort des sociétés développées pour s'extraire du pouvoir religieux jusqu'à en retrouver la manifestation persistante dans les totalitarismes de classe du XX° siècle. Dans son dernier ouvrage L'avènement de la démocratie, il entreprend de dégager les déterminants de la période à venir (3). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même esprit, je retiendrai René Rémond qui, dans son livre Regard sur le siècle fixe le début du XX° siècle à la guerre de 1914-1918 et à la révolution soviétique de 1917, son achèvement à la chute du mur de Berlin en 1989 et à la disparition de l'Union soviétique en 1991. Il le considère comme un siècle prométhéen où l'homme, sous différentes inspirations rationalisantes, a prétendu maîtriser son destin en affirmant son pouvoir sur la nature et la détermination de son histoire, grâce notamment à la science, au progrès et au culte du peuple. L'échec de cette tentative nous laisse désemparés au début de ce siècle, certains ayant prétendu, par ailleurs, qu'après l'expérience matérialiste, il serait spirituel ou ne serait pas, balancement un peu trop facile et simpliste. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Aucune de ces analyses ne nous donne les clés de l'avenir, mais je les ai évoquées pour caractériser le cadre méthodologique dans lequel, de mon point de vue, il convient de se situer. Nous sommes actuellement dans une longue période de décomposition sociale faisant suite aux expériences prométhéennes du siècle dernier, décomposition qu'il nous faut mieux comprendre à défaut de pouvoir dès maintenant la dépasser. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
En quoi consiste la décomposition sociale qui nous sert de contexte ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les symptômes en sont multiples caractérisant à la fois une crise de la citoyenneté avec « perte des repères », crise des représentations notamment de la forme « parti », crise des médiations associatives, scolaires, familiales. S'il n'existe pas aujourd'hui d'interprétation globale de cette décomposition, du moins peut-on tenter d'en identifier certaines causes majeures. Pour ma part j'en retiendrai cinq. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
C'est, en premier lieu, la relativisation de l'État-nation dans le processus de mondialisation. La mondialisation est une donnée sans précédent qui identifie notre époque. « La Terre étant une sphère, ne permet pas aux hommes de se disperser à l'infini, mais les contraint à supporter malgré tout leur propre coexistence » avertissait déjà Emmanuel Kant en 1795. Les affirmations nationales n'ont jamais été aussi nombreuses, mais elles ne sont plus aussi indiscutablement des références, soit qu'elles se soient affaiblies (on ne mourrait plus aussi délibérément pour la patrie dans des sociétés comme la nôtre), soit qu'elles s'exacerbent dans un nationalisme régressif. Cela n'est pas contradictoire avec le fait que l'on peut considérer que la nation, concurrencée aux niveaux infra et supranationaux, est et demeure le niveau le plus pertinent d'articulation du particulier et du général. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
En deuxième lieu, la dénaturation du concept de classe sociale oblige à remettre sur le chantier l'analyse du procès de travail et la sociologie du monde du travail. La définition marxiste de la classe par référence aux rapports de production, eux-mêmes déterminés par la propriété des moyens de production, garde une pertinence certaine à la condition d'élargir le champ de l'analyse à celui où s'observe la confrontation du capital et du travail : le monde entier. Les classes se sont complexifiées, technicisées, aussi bien en ce qui concerne la bourgeoisie que la classe ouvrière. Cette dernière confère moins simplement que par le passé une citoyenneté de substitution à ceux qui étaient traditionnellement écartés de l'exercice du pouvoir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En troisième lieu, les bouleversements spatiaux et géopolitiques modifient fortement les conditions de la transformation sociale. J'entends par là, aussi bien les changements intervenus dans les rapports des grandes puissances et la structuration de leurs échanges, que ceux constatés dans l'organisation et les relations des collectivités territoriales ou encore les transformations urbanistiques des dernières décennies, voire la mise en cause de l'écosystème mondial. L'image de la force tranquille sur fond de village rural ne correspond plus vraiment aux conditions de vie de nos concitoyens. Dans le monde, les zones de surpeuplement vont de pair avec des désertifications de grande ampleur. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
En quatrième lieu, des changements dans le domaine des mœurs et des mentalités sont intervenus dans une période historiquement très courte et promettent d'évoluer encore de façon considérable dans le couple et la famille qui était traditionnellement, avec l'école, les lieux privilégiés de formation à la citoyenneté. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, en cinquième lieu, l'affaiblissement des grandes idéologies de caractère messianique est sans doute le facteur qui marque le plus significativement notre époque. Les ajustements successifs apportés à la théorie néoclassique (concurrence imparfaite, biens collectifs, effets externes, avantages non-marchands) ne sont pas parvenus à réduire l'écart croissant entre théorie et réalité ; dès lors la théorie s'est faite normative. Mais il est vrai que les libéraux ont moins de besoins théoriques que les planificateurs, la communication sur quelques thèmes bien choisis leur suffit, le marché faisant le reste, c'est-à-dire l'essentiel. Par ailleurs, les limites financières sur lesquelles bute aujourd'hui l'État providence ont pour effet de réduire la base idéologique sur laquelle la social-démocratie prétendait fonder une politique de redistribution au service d'une plus grande justice sociale. Enfin, la tension, classique en France notamment, entre marxisme et catholicisme s'est beaucoup affaiblie ; la contradiction entre ces deux principaux pôles de la vie politique nationale est devenue moins féconde sans que de nouveaux antagonismes s'y soient substitués avec la même force. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Que faire ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Il y aura des élections dans quelques semaines, quelques mois, les prochaines années ; nous élaborerons des programmes et soutiendrons des candidats. Il est normal que des ambitions veuillent se traduire en mandats, mais tout compte fait il s'agit d'un jeu à somme nulle qui n'indique aucun sens dans des conditions où l'on conquiert le pouvoir au centre et la bonne conscience aux extrémités. « Vanité des vanités », là n'est pas l'essentiel. Alors que faire ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Deux voies de recherche s'ouvrent naturellement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
La première, incontournable, consiste à travailler sur la décomposition, pour analyser les forces qui y siègent, les contradictions qui l'animent, aider ainsi à se situer sur le bon terme afin d'anticiper la recomposition et conjurer l'avènement toujours possible des monstres. C'est dans cet esprit que j'ai écrit, il y a quinze ans Pendant la mue le serpent est aveugle (5), et plus récemment, Éloge de l'échec (6). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 La seconde voie de recherche est celle de la recomposition. Elle consisterait à entreprendre un travail de refondation idéologique qui serait susceptible de re-identifier des forces de recomposition sociale dans lesquelles on pourrait reconnaître la gauche. Il s'agit là d'une entreprise de grande ampleur. Pour ma part, je retiens sept chantiers (on pourrait parler des «     fondamentaux de la gauche ») sur lesquels j'ai réalisé un certain nombre de travaux, mais qui sont sans commune mesure avec le travail collectif qu'il conviendrait, à mon avis, d'entreprendre. Je ne peux, ici, que les énumérer. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Premièrement, nous devons nous saisir de la notion d'intérêt général qui est tout sauf consensuelle, notamment en ce qui concerne la défense et la promotion de son vecteur principal : le service public. La France a une longue tradition en la matière qu'il convient de prolonger et d'enrichir, d'autant plus qu'elle est sévèrement contestée par le pouvoir sarkozyste. Un mouvement important est amorcé avec la pétition « Le service public notre richesse » lancée par une soixantaine de personnalités d'horizons très divers et déjà signée par plus de 40 000 personnes. Je souhaite bien évidemment que le MRC et ses adhérents s'y associent (7). Dans un monde de plus en plus interdépendant, le XXI° siècle pourrait et devrait être l' « âge d'or » du service public. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deuxième question intimement liée à la précédente : celle de l'appropriation sociale, concept que j'avance non pour le substituer à celui de propriété publique mais pour l'enrichir en tenant compte des enseignements de l'expérience, notamment des nationalisations réalisées en 1982. Il est loin le temps où le PS soutenait que « Là où est la propriété, là est le pouvoir » et où le PCF faisait de la réalisation d'un « seuil minimum de nationalisations » la condition de tout changement radical significatif. On ne conteste plus que le gouvernement de Lionel Jospin a privatisé plus que les gouvernements Juppé et Balladur. Aujourd'hui, seuls les capitalistes accordent de l'importance à la propriété. La gauche a abandonné le chantier si j'excepte une brochure de la Fondation Copernic sur L'appropriation sociale à laquelle j'ai contribué en 2002 (8). Bien sûr, l'appropriation sociale devrait de plus en plus s'effectuer sur une base internationale voir mondiale et concerner un certain nombre de biens publics tels que : l'eau, certaines ressources du sol et du sous-sol, la production de nombre de biens et de services, sans pour autant exclure, bien entendu, de nouvelles nationalisations. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Troisièmement, la citoyenneté est un thème de prédilection du MRC et il était à la mode, il y a quelques années sans que ses utilisateurs aient fait preuve de beaucoup de rigueur dans sa pratique. Ce concept n'est évidemment pas donné une fois pour toutes et doit faire l'objet d'une réflexion permanente sur ses dimensions constitutives : ses valeurs, les moyens de son exercice, sa dynamique dans une Europe et un monde de plus en plus interdépendants ce qui doit conduire, à mon sens, à s'intéresser corrélativement au concept de « subsidiarité démocratique ». L'un des avantages de la crise est aujourd'hui de renvoyer vers le sujet la responsabilité de la reconstitution de la citoyenneté sur la base de ses engagements multiples et singuliers que l'on pourrait considérer comme son « génome de citoyenneté ». J'ai écrit un « Que sais-je ? » sur la citoyenneté auquel je renvoie (9). On lira avec profit ce que dit sur le même sujet le prix Nobel d'économie Amartya-Sen dans son dernier livre Identité et violence (10).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quatrièmement, je détache le principe de laïcité de la citoyenneté en raison de son importance particulière dans la recomposition. Les diverses déclarations du Président de la République sur le sujet mettent plus que jamais la question à l'ordre du jour, mais un trouble me semble s'installer au sein de la gauche elle-même où s'expriment des positions tendant par exemple à demander à l'État de faire respecter le principe d'égalité entre religions ce qui, à mon avis, contrevient à celui de laïcité. Plus généralement, les prises de positions invitant la France à ratifier la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales ou la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires me semble participer d'une dérive communautariste qui n'est pas acceptable pour ceux qui soutiennent, comme je le fais, la vocation de la laïcité à l'universalité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Cinquièmement, dans un monde où se développent les échanges de biens, de services et de financements, la circulation des hommes rend inévitable une approche des questions de l'immigration et de l'asile plus ouverte. Nous sommes plusieurs ici, praticiens du droit d'asile à la Cour nationale du droit d'asile, à connaître la difficulté de se situer entre deux positions opposées également inacceptables : une naïveté qui laisserait le champ libre aux menées des dictateurs et des maffias et une rigueur qui confinerait à la xénophobie. Droit de cité et droit d'asile sont inséparables. C'est dans cet esprit que j'ai rédigé, avec celui sur la citoyenneté, un « Que sais-je ? » sur Le droit d'asile (11). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Sixièmement, la question institutionnelle, qu'il était de bon ton, il y a peu, de considérer comme secondaire au regard des questions sociales, ne saurait aujourd'hui être éludée après ses derniers développements ; je pense en particulier aux fantaisies des uns et des autres sur le thème de la VI° République et surtout au récent débat sur la loi constitutionnelle qui a engagé la constitutionnalisation du sarkozysme (12). Après le « parlementarisme rationalisé » de ses débuts, la « monarchie aléatoire » des cohabitations, on est aujourd'hui dans une « dérive bonapartiste » de la V° République qu'elle portait d'ailleurs en elle dès ses origines. Je ne vois pas comment aujourd'hui une recomposition de la gauche pourrait s'accommoder de ces institutions, a fortiori d'un régime plus franchement présidentiel. Favorable à un régime franchement parlementaire, je suis évidemment en franc désaccord avec la position officielle du MRC sur ce sujet. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Enfin, septièmement, dans l'esprit de mes remarques préliminaires, un travail important doit être réalisé pour parvenir à une interprétation de la mondialisation qui se dégage des stéréotypes actuels d'une mondialisation réduite à celle du capital et reçue comme une fatalité. Sans doute la mondialisation libérale tend-elle à occuper l'ensemble du champ des échanges marchands. Mais la mondialisation n'est pas seulement celle du capital pour importante qu'elle soit. Elle concerne tous les domaines de l'activité humaine : les communications, les échanges culturels, la solidarité humanitaire, etc. Dans le même temps, l'idéologie des droits de l'homme a envahi l'espace laissé libre par l'affaissement des grandes idéologies messianiques. Loin de moi l'idée de récuser la référence aux droits de l'homme tels qu'ils s'expriment dans les divers textes qui les consacrent, a fortiori de parler de manière péjorative de « droit-de-l'hommisme » comme certains le font parfois. Mais nous devons aussi rester lucides : les droits de l'homme constituent un ensemble confus en droit positif, sans passé historiquement traçable et non porteur de projet de société. Marcel Gauchet va jusqu'à dire que les droits de l'homme jouent dans la sphère sociale le rôle de régulateur qui est celui du marché dans la sphère économique (13). Rony Brauman déclarait récemment lui aussi que les droits de l'homme ne sauraient constituer à eux seuls une plateforme politique. Je partage ce point de vue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, et c'est sans doute le plus important pour l'avenir, il y a une prise de conscience croissante de l'unité de destin du genre humain, de la finitude de la planète, d'un « en commun » à définir politiquement, qui donne un sens constructif à la mondialisation à venir. De l' « en commun » au « communisme », il n'y aurait qu'un pas. Un mot qui, aujourd'hui, subit son passé (14), mais je n'exclue pas qu'il puisse revenir à l'ordre du jour au cours du siècle engagé. Bref, au nom du principe de précaution, un mot à protéger. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--------------&lt;br /&gt;
1) Francis Fukuyama, La fin de l'histoire et le dernier homme, Flamarion, 1992. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 2) Samuel Huntington, Le Choc des civilisations, Odile Jacob, 1997. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 3) Marcel Gauchet, Le désenchantement du monde, Gallimard, 1985 et L'avènement de la démocratie, tomes I et II, Gallimard, 2007. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 4) René Rémond, Regard sur le siècle, Presses de Sciences Po, 2000. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 5) Anicet Le Pors, Pendant la mue le serpent est aveugle, Albin Michel, 1994. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 6) Anicet Le Pors, Éloge de l'échec, Le Temps des Cerises, 2001. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 7) Pour tout contact : contact@service-public-notre-richesse.fr ainsi quewww.service-public-notre-richesse.fr &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8) L'appropriation sociale (en coll.), Éd. Syllepse et Fondation Copernic, 2002. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9) Anicet Le Pors, La citoyenneté, PUF, coll. Que sais-je ?, 2005 (3° éd.). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10) Amartya Sen, Identité et violence, Odile Jacob, 2007. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11) Anicet Le Pors, Le droit d'asile, PUF, coll. Que sais-je ?, 2008 (2° éd.). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12) Anicet Le Pors, « Le sarkozysme en voie de constitutionnalisation », L'Humanité, 4 août 2008. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13) Marcel Gauchet, La démocratie contre elle-même, Gallimard, « Tel », 2002. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14) On trouvera un développement de cette idée dans : Anicet Le Pors, « Que reste-t-il du communisme ? », Géopolitique n° 80, PUF, octobre-décembre 2002 ; disponible sur le blog : http://www.anicetlepors.blog.lemonde.fr &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
  &lt;br /&gt;
Samedi 06 Septembre 2008 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Anicet Le Pors &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Intervention aimablement transmise par le bloc-note :  http://www.mrc38.com/ </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://ump.blogs.letelegramme.com/archive/2008/08/30/le-sarkozysme-est-un-humanisme.html</guid> <title>Le sarkozysme est un humanisme</title> <link>http://ump.blogs.letelegramme.com/archive/2008/08/30/le-sarkozysme-est-un-humanisme.html</link> <author>noreply@blogs.letelegramme.com (Frédéric Maurin)</author>  <pubDate>Sat, 30 Aug 2008 11:47:11 +0200</pubDate> <description> Oui le sarkozysme est un humanisme ! Et comment pourrait-il en aller autrement ? On ne présiderait pas aux destinées d’un pays comme la France sans porter cet héritage. Pour preuve, Nicolas Sarkozy s’est approprié, le temps d’une campagne électorale, Jean Jaurès, le fondateur de l’Humanité, Léon Blum, le chef du Front populaire… et d’autres !&lt;br /&gt;
Et plus encore, transcendant les clivages partisans, n’a-t’il pas propulsé dans les ministères les éléments les plus éclairés de la gauche : Bernard Kouchner ? N’a-t’il pas su rallier à sa cause les plus authentiques représentants de cette France qui souffre et travaille dur : Bernard Tapie?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Robespierre,  votant la mort du Roi, n’avait-il motivé son vote en déclarant : «Je suis inflexible avec les tyrans car je suis compatissant avec les opprimés ». &lt;br /&gt;
Tel un Robespierre du XXIème, Nicolas Sarkzoy n’a-t’il pas aboli les privilèges avec la même ferveur, intacte, que le 4 août 1789 en déclarant, je le cite, que « le minimum vieillesse serait augmenté de 25 % et que les petites retraites et pensions de réversions seraient revalorisées » (dans la même mesure ?)…  « grâce aux économies que j’obtiendrai en réformant les régimes spéciaux de retraite ». ??? (1)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Touché au cœur et dans l’âme, une partie importante de l’électorat du Front National s’est d’ailleurs converti en portant ses suffrages sur Nicolas Sarkozy.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces idioties étant écrites (1), je prie le lecteur de rester encore un instant car ce qui va suivre est désormais digne d’intérêt.&lt;br /&gt;
On ne peut pas comprendre le sarkozysme, et son succès écrasant, sans connaître le fond de la pensée d’une partie de son électorat.&lt;br /&gt;
Et, cela tombe bien, le fond de cette pensée, j’ai eu l’occasion de la lire sur la Toile : aussi je livre le texte suivant comme objet d’étude sur les nouveaux visages du racisme...et les espoirs qu'a placé l'électorat du Front National en Nicolas Sarkozy.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avis aux lecteurs pressés, je ne suis pas l’auteur de cette prose…ayant contribué à la faire interdire pour incitation à la haine raciale. (2) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
DEBUT : &lt;br /&gt;
« Le termite est une bestiole surprenante ! Malgré sa petite taille et un cerveau quasi inexistant, cet insecte de la famille des isoptères qui compte 281 genres pour environ 1200 espèces est assez fin et rusé pour s’adapter à son environnement. Et oui car la bébête va, selon le bois colonisé, réorganiser son génome afin que sa descendance soit parfaitement adaptée pour profiter au mieux de la pauvre charpente. Au fil des générations, ces fourmis blanches vont être de plus en plus nombreuses, de plus en plus voraces, de plus en plus spécifiées, bref, elles vont emmerder tout le monde.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voilà qui pourrait faire un parallèle ma foi bien intéressant avec une autre espèce qui peuple notre douce France (non ! Pas les arabes… je ne suis pas raciste enfin !!!) : la race des assistés. Oh, vous les reconnaîtrez sûrement : ils vont se recoucher quand vous partez au travail, portent un marcel troué pour jouer à la pétanque quand il fait beau ou regarder Motus quand le temps est plus maussade et ils font leurs courses le 5 du mois, quand les allocs de leurs 6 gosses tombent. Ça y est, vous avez cerné le style ? Bon, alors vous devez commencer à comprendre ma comparaison.&lt;br /&gt;
Un termite est inactif 20 heures sur 24.… bon d’accord, c’est plus qu’un Rmiste qui n’est actif que pendant les deux heures qu’il passe au PMU à jouer la prime de rentrée scolaire de ses gosses au Rapido mais bon… nous ne ferons pas la fine bouche.&lt;br /&gt;
Un termite prend souvent une teinte foncée à l’âge adulte : je pense que nous nous comprendrons tous la métaphore.&lt;br /&gt;
Un termite se reproduit en quelques jours de manière à ce qu’un individu en engendre plusieurs milliers en quelques mois… Hey !! Mais ça colle avec l’espèce que nous étudions !!! Bah ouais, des générations entières de petits RMistes en puissance qui ne verront jamais leurs parents bosser sont engendrées chaque jour par une mère alcoolique qui les trois quarts du temps s'est rendue compte de sa grossesse au 7ème mois...&lt;br /&gt;
Enfin, le termite ronge, rogne et consomme sans faillir l’armature d’une maison. On le sait, l’argent est le nerf de la guerre et un pays devient médiocre dès lors qu’il commence à s’endetter à outrance…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et bien, les indigènes peuplant nos ANPE, nos CAF ou nos UNEDIC ont tellement tiré sur la ficelle que notre nation a une dette de plus de 1500 MILLIARDS d’euros… D’aucuns diront que ce n’est qu’un chiffre, qu’on s’en bat le coquillard que la France soit endetté du moment qu’on puisse regarder Secret Story et acheter des Grecs au Kebab « chez Mouloud » qui est tenu par un barbu dont le prénom précise l’hygiène mais qui a de si bonnes sauces…&lt;br /&gt;
D’autres, plus terre à terre, se rendront bien compte que le pays est en train de s’enfoncer dans un gouffre sans fond et qu’il est absolument nécessaire de nous ressaisir avant que l’on y soit enterrés.&lt;br /&gt;
Pour cela les solutions ne manquent pas et il faut avouer que notre Nicolas national a pris dans ce sens quelques mesures fort intéressantes : fusion assédic/unédic, obligation de recherche d’emploi, suppression des allocations pour tout enfant non scolarisé…. Mais tout est loin d’être fait et parfait !!!&lt;br /&gt;
Un arrêt net de l’immigration engendrerait une économie nette de 36 milliards PAR AN (source Contribuables associés). Une suppression du RMI nous ferait économiser 10 milliards chaque année, une suppression de la Couverture Maladie Universelle ferait gagner à l’Etat 20 milliards par an (source Valeurs Actuelles). Cet argent mes bons amis, ce ne sont pas des sommes virtuelles, ce sont VOS impôts, cet argent que l’on vous tire alors que vous l’avez gagné à la sueur de votre front pour le donner à des zozos qui ont la paume de la main aussi velue que le pubis de Demis Roussos…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On le voit donc, les solutions ne manquent pas pour éponger une dette oppressante. Comprenons nous bien : ce n’est pas parce que l’on va réduire les dépenses que nous ne pouvons pas faire de social mais, une bonne fois pour toutes, passons à un social INTELLIGENT (non ce n’est pas un oxymore) où l’on aide celui qui veut réellement s’en sortir et non pas le fainéant, la larve, le parasite ! Tiens, encore un point commun avec les termites... »      &lt;br /&gt;
FIN &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Face à ce type de texte, on peut bien sûr argumenter. Coller la responsabilité de la dette publique (64% du PIB) à une catégorie - vulnérable- de la population est imbécile. La dette publique du Japon s’élève à 164 % du PIB : la faute aux termites ?&lt;br /&gt;
Si l’auteur si soucieux d’équilibre budgétaire cherche a tout prix 30 milliards d'euros, avant de supprimer le RMI et la CMU, il lui suffit de revenir sur le paquet fiscal de Sarkozy, par ailleurs inopérant du point de vue et de la croissance et de la dette publique, durant seulement 2 ans.&lt;br /&gt;
C'est plus simple et çà fera moins chier le peuple. (3)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais ce n’est pas le plus grave. Même sous Sarkozy, même s'il a capté une grande partie des voix de l'extrême-droite (il en a hélas capté d'autres), ces propos sont hors champ politique, hors champ humouristique, évidemment hors champ économique...et tombent sous le coup de la loi. &lt;br /&gt;
&quot;Termites, parasites, larves&quot;, suggérer qu' &quot;Un termite prend souvent une teinte foncée à l’âge adulte etc...&quot; c’est indigne. (4)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour terminer deux mots en guise de conclusion provisoire : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-	ce discours sarko-lepeniste n’est pas celui de Toute la droite. On ne les entend pas beaucoup, mais il y a une droite républicaine qui sauve l’honneur ( voir « Les gaullistes contre Sarkozy »  http://rupturetranquille.over-blog.com/article-6508883.html) .&lt;br /&gt;
-	le procès « sarko facho » qui avait cours avant la présidentielle est inopérant. Le fascisme s’attaquait physiquement à ses opposants : Sarkozy donne à certains d’entre eux des postes ministériels, des missions parlementaires etc… De même, Sarkozy n’est pas raciste, la preuve par Rama Yade ou Rachida Dati . &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’angle d’attaque pertinent, au vu de qu’on a lu aujourd’hui, c’est le RACISME SOCIAL de sa politique de classe. Et la lutte contre ce racisme-là,  elle passe par ici : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un Conseil National de la Résistance contre Sarkozy&lt;br /&gt;
http://rupturetranquille.over-blog.com/article-21312145.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notes :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(1)	Pour celles et ceux qui seraient tenté de croire en ces balivernes, se reporter aux articles précédents, notamment « Sarkozy, candidat du capital financier mondialisé . http://rupturetranquille.over-blog.com/article-6460324.html &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(2)	Je suis peu porté aux épanchements narcissiques, pourtant répandus sur la Toile, mais là je tiens à exprimer ma grande fierté d’avoir reçu ce message après signalement de texte à l’hébergeur :  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
----- Original Message ----- &lt;br /&gt;
From: &quot;CanalBlog&quot; &lt;support@canalblog.com&gt;&lt;br /&gt;
To: &lt;fmaurin@neuf.fr&gt;&lt;br /&gt;
Sent: Monday, August 04, 2008 12:14 PM&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Merci de nous avoir avertis. Le blog a été supprimé pour incitation à la &lt;br /&gt;
haine.&lt;br /&gt;
Cordialement.&lt;br /&gt;
Le Support CanalBlog - Service modération&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(3) Assurance chômage, vieillesse, famille et santé...les inquiets du trou de la Sécu peuvent lire &quot;le mythe du trou de la Sécu&quot; de Julien Duval : &lt;br /&gt;
http://www.betapolitique.fr/Le-mythe-du-trou-de-la-secu-Julien-01362.html&lt;br /&gt;
http://www.liens-socio.org/article.php3?id_article=231&lt;br /&gt;
… avant de tout passer au secteur privé, tellement plus efficace. Pas vrai Nicolas ?&lt;br /&gt;
      (4) Faut-il le préciser ? Le site où figurait ce texte renvoyait à la fois aux sites de l’UMP et à celui du Front National. </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://ump.blogs.letelegramme.com/archive/2008/07/17/un-conseil-national-de-la-resistance-a-sarkozy.html</guid> <title>Un Conseil National de la Résistance à Sarkozy ?</title> <link>http://ump.blogs.letelegramme.com/archive/2008/07/17/un-conseil-national-de-la-resistance-a-sarkozy.html</link> <author>noreply@blogs.letelegramme.com (Frédéric Maurin)</author>   <category>Actualités</category>   <pubDate>Thu, 17 Jul 2008 21:40:44 +0200</pubDate> <description> La nature de la politique de Sarkozy avait été dévoilée par un idéologue du MEDEF : défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Revoir à ce propos :  http://rupturetranquille.over-blog.com/article-7195117.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est, opportunément, le 14 juillet que j'ai reçu ce message :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&quot;Nous sommes toutes et tous le Conseil National de la Résistance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On ne peut pas attendre que l'inspiration vienne. Il faut courir après avec une massue. (Jack London)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Que faire, aujourd'hui, pour donner un coup d'arrêt à la liquidation, par Sarkozy et le Medef, de notre République et de son modèle social hérité du CNR?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce coup d'arrêt ne peut être donné que par une très large mobilisation populaire dans tout le pays et au même moment...&lt;br /&gt;
La capacité de révolte de notre peuple est intacte, comme le montrent, partout en France les foyers de résistance qui se développent sous des formes différentes (collectifs, associations, fondations...).&lt;br /&gt;
Les conflits sociaux se multiplient. Mais ne convergent pas...&lt;br /&gt;
L'alternative politique au capitalisme sauvage se dessine peu à peu. Mais pas assez vite...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement social manque de cohésion et de puissance, faute d'une perspective politique réelle.&lt;br /&gt;
Il est morcelé et les états-majors syndicaux, ont choisi d'engager, entre eux, une course à la représentativité qui les éloigne de leur base et les fragilise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La perspective politique, elle, tarde à prendre forme car la réflexion est menée sans l?adhésion des masses populaires.&lt;br /&gt;
Les divisions intestines, le culte de l'individualité et des appareils ont détourné trop de citoyens du terrain politique.&lt;br /&gt;
Convergence des luttes ET irruption citoyenne du peuple dans le champ politique doivent être obtenues. Maintenant?&lt;br /&gt;
Or situation dans laquelle se trouve notre pays nous offre cette possibilité dans les semaines à venir!&lt;br /&gt;
L'initiative d'une Grève Générale Reconductible, le 10 novembre 2008 doit être relayée dans tout le pays pendant les congés d'été.&lt;br /&gt;
La rentrée de septembre sera l'occasion de la décider partout et deux mois de travail permettront encore d'en assurer le succès.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sa réussite repose, sur l'engagement, immédiat des forces de chacune et chacun d'entre nous.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle donnera une cohésion au mouvement social en donnant l'impulsion indispensable à la mise en place d'un cadre commun de discussions pour coordonner les luttes, organiser la résistance et reprendre les conquêtes.&lt;br /&gt;
L'intervention populaire pourra aussi imposer un cadre de réflexion unitaire et attractif qui pourra facilement être élargi aux citoyens, pour la création d'une vraie alternative aux politiques actuelles.&lt;br /&gt;
Elle pèsera sur les rassemblements des organisations politiques de fin d'année et aura comme prolongement la nouvelle séquence électorale qui s'ouvre avec les élections de 2009, 2010 et 2012.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce camouflet sera enfin un signal très fort en direction des autres pays de l'Union Européenne que Sarkozy préside jusqu'en décembre...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Diffusez cet appel par tous les moyens possibles et imaginables :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Soyons le Conseil National de la Résistance&lt;br /&gt;
Résister, c'est créer. Créer, c'est Résister.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
www.conseilnationaldelaresistance.fr  &quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&quot;Le choix est aujourd'hui plus que jamais pour chaque profession de perdre séparément en plongeant pour longtemps dans l’enfer de l'exploitation sans limite, ou de construire démocratiquement et d’urgence une action « tous ensemble et en même temps » pour gagner et ré-ouvrir enfin des perspectives progressistes&quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tous ensemble et en même temps : la question du 10 novembre est donc posée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
               http://tous-ensemble.dyndns.org:80/ </description>  </item>  </channel> </rss> 